Centre International de Musicothérapie    
 
 
Mémoire de Didier MARTINEZ
Soutenu juin 2015
 
  "Un atelier de Musicothérapie en institution: Pour se rencontrer, pour rencontrer les autres"

Mention
Bien

 
Résumé

Educateur spécialisé dans une institution accueillant des adultes déficients intellectuels et /ou psychotiques, je propose à mon arrivée un atelier de percussions. En effet, sensibilisé par mon expérience de musicien, j’ai déjà expérimenté la Musique en groupe dans différentes institutions avec divers publics. Lors de ma pratique d’éducateur tournée vers l’accompagnement d’êtres humains souvent dépendants et en souffrance, j’ai pu expérimenter la Musique en groupe auprès de différents publics (adultes autistes, polyhandicapés, jeunes présentant des troubles du comportement, malades psychiques).

Dans la structure où je viens récemment d’être embauché, ces moments de partage musicaux  me permettent d’entrer plus facilement en relation  avec les personnes dont je m’occupe. J’observe  que les individus intéressés par un atelier de percussions font partie des plus fragiles, des plus sensibles et je le verrai un peu plus tard des plus réceptifs de l’institution. Un fait me marque à mon arrivée, que j’ai déjà vécu dans de nombreux foyers, c’est la communication entre les résidants qui souvent, à mes yeux paraît défaillante. Dans un premier temps, de part leur handicap, les personnes ont des difficultés à recevoir les informations dans une quelconque discussion. Il leur faut, pour intégrer ces informations, bien souvent des échanges duels, en face à face dans un espace calme où l’écoute nécessite beaucoup d’attention et de temps. Bien souvent, les espaces collectifs, si prônés par les structures du Médico-sociale, ne permettent pas ce confort.

De plus, de vrais échanges peuvent se réaliser par des attitudes, des expressions de visage, et ici le langage verbale peut montrer ses limites. Enfin, j’observe la méconnaissance chez la plupart des résidants d’espace de calme, de silence qui peuvent ressourcer. Très tôt, la personne handicapée est « sur-motivée » dans des activités de maintien d’acquis au détriment d’espace de ressourcement. Le silence fait peur, mais à qui ? peut-être plus aux travailleurs sociaux eux-mêmes…

C’est ici que se profile l’idée de mon mémoire : comment la mise en place d’un atelier de Musicothérapie pourrait répondre en partie à un début de prise de conscience, d’une possibilité de se re-trouver avec les autres.

L’atelier prend corps assez rapidement car il n’y a pas d’autres activités proposées en semaine. Peu à peu, l’atelier se forme, et les inscrits reviennent chaque semaine. Je suis même étonné, car  tous présentent des difficultés quant à la régularité  à s’inscrire sur d’autres temps collectif du foyer. Deux ans plus tard, est embauché un nouvel éducateur, de surcroit guitariste, qui rejoint l’atelier et ouvre de nouveaux horizons mélodiques.

Pendant ces cinq années passées dans l’institution , nous nous retrouvons à jour et heure fixe toutes les semaines avec quatre résidents qui s’inscrivent régulièrement. Ainsi je peux déjà mesurer  les effets bénéfiques (communication, valorisation de l’image de soi, dynamique de groupe). J’observe surtout la transformation des échanges par le biais de la Musique. J’y reviendrai plus loin dans mon mémoire, quand les exercices autour de la voix par exemple échangeront des émotions clairement verbalisées par les résidants les plus touchés par la maladie mentale.

 
  
 
     
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