Centre International de Musicothérapie    
 
 
Compte-rendu de stagiaire sur la formation  
   
 AYRALD - Groupe 61

A plusieurs reprises n’avais-je pas entendu, de la part de certain de mes élèves, la suggestion de me former en art-thérapie. Quelques années plus tard, mes difficultés professionnelles de musicien percussionniste, intermittent du spectacle, me renvoyaient à la question de ma remise en cause. La reconversion que j’envisageais devait être cohérente. Me mettre en lien avec mon vécu, mes idées, mes perceptions.

La cousine d’un collègue cherchait à me consulter dans le cadre de sa formation en musicothérapie. J’ai tout de suite rebondi. Ma recherche internet m’a amené à découvrir le site du C.I.M. qui apparait en quatrième position à partir du mot clé sur google. Surprise ! Le CIM se trouve à environ cinq kilomètre de chez moi. La visite approfondie du site est convaincante. Ma décision est prise et j’obtiens le financement de la formation à 70% : quelle chance !, les 30% d’apport personnel seront un des éléments fondateur de mon investissement pour suivre cette formation. Les temps sont bien souvent difficiles, question finance.

Ma rencontre avec Sylvie Braun est chaleureuse, mon impatience est grandissante de commencer cette aventure d’autant plus que je serai le seul homme du groupe 61; comme une nouvelle nuance qui s’ajouterait au défi dans lequel je suis engagé. Huit mois ce seront écoulé entre mon choix et la réunion du groupe, le 19 novembre 2007.

J’aborde cette formation avec divers sentiments, comme celui d’avoir à fournir un travail au dessus de mes capacités, notamment en ce qui concerne la théorie. Est présent à mon esprit d’avoir à rattraper en 2 ans, 5 ans d’études universitaires. Continuer mes activités professionnelles, être disponible à ma famille. Bon confiance, après tout, les défis son le propre de l’homme.
Pendant l’intervalle entre l’entretien et le début de la formation, je me plonge dans une lecture soutenu d’ouvrage de psychologie. J’avais aussi à l’esprit les mots de Sylvie quant à l’aspect pratique de la formation qui en faisait son originalité. Je me relâche.
En recevant, la feuille des thèmes abordés en première semaine je suis intrigué par l’intitulé, un peu mystérieux, de Dominique Bertrand « voix et corps sonore ». Ne s’agirait il pas de résonances ?

Apres avoir ressenti l’impatience de l’avant situation, nous voici enfin réuni à Noisy le Grand. Pour parler de ce lieu, je dirai que c’est avec une pointe de fierté que j’en franchi le seuil et l’enseigne. Raymonde qui nous accueillent, est la secrétaire prête à se dévouer. Je perçois rapidement sa gentillesse. La lumière est là, dans les deux salles de travail comme dans l’espace convivial où le groupe pourra faire la pause, se détendre, boire un thé, se restaurer. Je suis impressionné par la série de gongs suspendus près à vibrer, et tous les autres instruments qui porteront nos expressions aux cours des exercices que nous réaliserons.

L’important maintenant, est d’être à l’écoute. Le cadre est posé avec Sylvie. Nous sommes 15 ! Retenir rapidement le prénom de chacune, premier pas afin de créer des relations, ne sera pas chose facile en ce qui me concerne.
A ce sujet j’ai été sensible aux différentes méthodes employées par nos formateurs. Evidement il y eu le tour de présentation classique, ressenti comme un peu fastidieux à partir de la troisième, mais intéressant pour les nouvelles nuances apportées par chaque personnes, permettant encore et encore de découvrir nos individualités.
Mais surtout je retiens l‘approche interactive et kinesthésique d’Anne Bauer avec son exercice, que j’appellerai la danse de l’identité, ou grâce au mouvement le nom est exprimé et enfin verbalisée à notre formatrice, qui le reçois comme une offrande – échange. Cette expérience où je me raconte, me mime, où je suis perçu avec mon corps dans le premier contact, résume bien tout un ensemble d’exercices qui mettent en évidence l’importance de la communication non verbale. Travaillée avec Eugenia Duta, en particulier il s’agissait d’accroitre sa sensibilité d’observation. Avec les jeux de rôle proposés, de découvrir les différences entre l’expression et l’intention.
Je souligne ici que dès le début, et ce tout au long de notre année, l’accent a été mis sur cette notion de communication non verbale, mettant en jeu l’écoute, des sons émis, des intonations, des corps, en discernant l’objectif et le subjectif.
Je dirai qu’avec l’étude de cette autre réalité, ce met en place progressivement la capacité, à la fois travaillée et spontanée, de s’éveiller à la relation juste et véritable, d’être en empathie sans se confondre.

Au delà des connaissances techniques, qui sont abordées, aussi au cours du module psycha-psycho et de nos lectures bibliographiques, c’est notre développement personnel qui est au cœur. Le musicothérapeute fait un travail sur lui-même. Entre autre je me souviens de cette phrase transmise par Dominique Bertrand « Travailler sur sa propre faille est un processus créatif » ; en apriori inquiétant. C’est là ou le cadre de la dynamique de groupe fut orchestré avec expérience et bienveillance.
En exemple, lors de la deuxième semaine, notre groupe a perdu un de ses membres, nous en étions troublés. L‘initiative en revenait aux garants de la formation, afin d’en sécuriser la continuité. Il advint alors à chacun de prendre ses responsabilités, de faire son deuil des quinze stagiaires et de renaitre au nouveau groupe des quatorze.
L’opportunité fut offerte. Comme Sylvie l’à toujours souhaité et encouragé à plusieurs reprises, nous nous sommes exprimés en profondeur à propos de la communication et des décisions prises par nos formateurs principaux Nos différents sentiments furent partagés et respectés.
La réflexion à propos de cet événement, m’a entre autre, permis de mieux percevoir ma place dans ce groupe. De prendre conscience, de mes projections, de mes attentes et de l’autonomie à gagner. De savoir se contenir quand il est nécessaire. De laisser de la place tout en prenant la mienne sans craindre.

Résonne encore en moi aujourd’hui les mots de Sylvie distillés à chacun, suite à l’écoute des montages musicaux réalisés comme métaphores de nos vies respectives. Je mesure combien le reflet de soi même peut être intéressant afin d’identifier les résistances à se découvrir au plus profond.
Convaincu qu’il y a tout à gagner dans cette confrontation, sereinement j’ai put effectivement en identifie quelques une, conscient que la formation n’est pas une thérapie, mais que j’ai pu en ressentir des effets thérapeutiques.

La redécouverte des mythes grec de Narcisse, d’Orphée, et d’autre, était particulièrement intéressante pour aborder notre construction identitaire, nos héritages, nos devenirs.
Les interactions pratiques sous induction musicale à l’initiative de Dominique illustraient l’exposé théorique d’A.Maurin à propos de la dynamique de groupe.
Les travaux, a deux ou trois ou je livre certain fragment de ma vie, la séance à propos du rêve, la découverte de la thérapie « constellation familiale », jusqu'à revivre des émotions fortes, m’ont permis d’élargir mes champs de perception envers moi-même et les autres, en termes de respect et d’accueil.
Ne pas manquer de ce dire : il est bien plus grand que je ne le crois, me permet de me réaliser bien plus vaste que je le suppose, Personnellement cette phrase me renvoyait au principe bouddhique suivant: percevoir l’état de Bouddha dans sa vie c’est le voir aussi chez les autres et ainsi reconnaitre le caractère illimité de la vie donc d’envisager tous les possibles.
Semaine après semaine le groupe s’agrandissait de tous ces échanges; il s’idéalisait. Lorsque arrivait l e week-end je ressentais aussitôt la hâte de nous retrouver le mois suivant. Je souligne ici le bénéfice tirer du rythme mensuel de cette semaine de cours, m’ayant permis d’aller fouiller les souvenirs, de prendre du recul, de résilier des remontées émotionnelles.
Il est certain que les acquis en dynamique de groupe influenceront ma pédagogie pour transmettre mon répertoire de musique traditionnelle.

La réflexion portée à la relation d’aide avec Christine Mulard a été d’un grand apport en termes d’humanisme : la question, de la différence entre savoir et connaissance, de la présence dans l’ici et le maintenant, du positionnement par rapport à autrui, de l’ancrage dans le corps, des écueils à évités, toujours abordé avec des mises en pratiques enrichissantes, puisque vécu individuellement et en relation.
C’est au cour d’exercices proposes par Christine et Sylvie que j’ai pris conscience de certain de mes comportements intimes que j’exprimerais ainsi : est ce bien à moi de supporter tout le poids d’une famille ? Distinguer surcharge et responsabilité. C’est grâce au moment de verbalisation, à l’écho des autres stagiaires mais aussi au recul, à l’écoute des résonnances corporelles, à la sincérité et à la réflexion, que ces moments difficiles sont devenus pour mois source de renaissance. J’estime avoir rencontré quelques difficultés à discerner l’expression symbolique sonore d’une émotion et le discours musical emprunt de contrôle. La prise de conscience étant à mettre au bénéfice du travail collégial.

D’autres interventions étaient axées sur le témoignage, le partage de l’expérience professionnelle, je pense à V. Bodu, P.Garcia, D.Laudet, B.Alet, et H.Decis qui ont réussi à nous transmettre leur créativité respective avec l’objet musique au service de leur situation thérapeutique. Les dispositifs décris abordaient, musicothérapie active et réceptive. En a découlé une autre manière d’écouter la musique de la choisir de la proposer. De la regarder sous ses aspects d’objet intermédiaire dans une relation d’aide. Tous nous ont fait part de la délicatesse, et de la prudence avec lesquelles le travail doit être mené.

La question qui petit à petit apparait est celle des choix qui seront les notre. Quelle orientation vais-je privilégier ? Personnellement la relation aux personnes âgées serait la direction à laquelle je souhaiterais dédier mon travail.


Je constatais aussi, que suite à des interventions au sein d’un groupe de « Gestalt thérapie » ou j’ai expérimenté, l’importance de l’avant coup, la création de la proposition métaphorique élaboré dans une relation non verbal, et les modifications ressenties, je commençais à m’ouvrir à d’autres horizons et applications. Durant cette expérience était, en autre, présent à mon esprit, le travail réalisé avec I.Caillaux.
. Les moyens didactiques qui me sont apparus au cours de la formation me permettent aujourd’hui d’envisager des situations professionnelles diverses, d’avoir confiance en ma créativité.

De ma place singulière, d’être le seul homme du groupe, j’ai pu apprécier la parole de Dominique qu’il a dispensé avec étique et équité, au bon moment, ne manquant pas de nous renvoyer à notre réflexion personnelle, sans jamais surinvestir cette singularité. Ainsi j’ai pu me positionner avec quiétude et confiance.
Certain moment de la formation faisait remonter des émotions difficiles. Je fus surpris de vivre ces angoisses sans être envahie, me contenant grâce à la conviction que finalement elles faisaient partie d’un processus de renouveau sensoriel. Mon avenir de musicothérapeute est possible.

E n dernier lieu je percevais combien il était important de tirer le meilleurs partie de cette dernière semaine. Curieusement il me semblait que cette impression était partagée par d’autres. Comme si il y avait urgence à être attentif à nos comportements défensifs. De sortir de l’illusion groupale, du cocooning engendré.
La journée avec Anne est arrivée à point. Les improvisations collectives réalisées avec un grand nombre d’instruments résonnent encore en moi. La confiance individuelle et réciproque permettait d’avoir des échanges plus libre. Tout en s’accordant le droit de vivre des expressions archaïques de façon isolé ou en duo, nous étions capable de s’harmoniser, montrant qu’il existait bien une identité du groupe symbolisé par ces moments musicaux d’intense unité. Enfin cette semaine fut l’occasion ultime d’avoir des conversations ou le sentiment de profondeur était réel, jusqu’au dernier moment nous avons été capable de nous prendre en charge au delà des défenses. Merci à toutes d’avoir développer une grande qualité relationnelle.
Accompagné du travail bibliographique, je mesure l’importance d’avoir vécue toutes ces expériences en groupe. Elles sont pour moi tout un réservoir de référence pour assimilé et illustrer mes lectures.

Tout au long de cette année confronté aux techniques psychomusicales et à la musicothérapie j’ai pu ressentir mes limites, les accepter et faire en sorte de les repousser. Je craignais le fait de me retrouver livré à moi-même pour construire la suite, réaliser un stage, écrire des lettres de demande. Là encore le groupe, alors que son deuil dans le cadre du Cim était consommé, restait un ensemble sur lequel je pouvais m’appuyer, communiquer avec générosité. Pour en dire plus, nous avons eu la chance, de participer au premier regroupement national des anciens stagiaires formateurs et fondateur Les G.A.M.M.E.S. J’y vois personnellement l’émergence d’un corps où nous jeunes membres pourrions se sentir relié. Les témoignages entendus était d’un apport complémentaire, abordant des aspects, pionniers, combat de reconnaissance et administratifs, de la profession, une source de dynamisme. De quoi se rassurer quelque peu, un moyen de se relier à des pairs.

Apres avoir vécu cette superbe aventure j’aborde les trois semaines de spécialisation avec enthousiasme.
Elles alterneront avec des mises en situations réelles (stage en structure), que j’espère stimulante, pour étayer mon mémoire ; Je m’y emploie.
Encore merci à tous et à toutes pour avoir partager humblement, du fou rire aux larmes, tous ces instants qui resteront de toutes manières bien plus vastes que toutes les descriptions que nous pourrions en faire.

Ayrald

  
 
     
© Tous droits réservés 2002/2017    www.musicotherapie.info