Centre International de Musicothérapie    
 
 
Mémoire de Olivier BLOT
Soutenu juin 2017
 
  "DES CLÉS POUR ALZHEIMER" Musicothérapie Méthodologie Biodanza Musique – Groupe – Mouvement corporel

 

 
Résumé

La musique apaise et détend mais elle stimule aussi le fonctionnement cérébral.
Face à la maladie d’Alzheimer, La musique peut permettre de ralentir les effets négatifs du vieillissement du cerveau et notamment ralentir les troubles de la mémoire.

La musique peut prévenir des troubles de la mémoire. Parce qu’elle agit sur l’Hippocampe , région clé de la mémoire.
Aujourd’hui, l’enjeu des recherches en neuro-imagerie est de doter les patients de meilleures stratégies pour lutter contre la maladie d’Alzheimer, à savoir freiner les symptômes les plus invalidants… car il n’est pas possible de stopper la maladie…

Les résultats des recherches en Neuroscience sont époustouflants. Grâce aux progrès en matière d’imagerie cérébrale, les chercheurs ont fait des découvertes majeures sur le fonctionnement du cerveau et notamment sur le thème de « Musique et cerveau ».

En écoutant une musique familière, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer se remémorent des souvenirs que l’on pouvait penser oubliés à jamais.

Un des aspects intéressants de la pratique musicale est qu'elle active, certes, le lobe temporal, mais également d’autres aires du cerveau qui ne sont pas touchées par la maladie.
Par la plasticité du cerveau (faculté́ de pouvoir s’adapter et se transformer en permanence), le patient atteint de la maladie d’Alzheimer pourrait, grâce à la musicothérapie, «compenser» les dégâts présents dans une certaine zone à l’aide d’une zone non atteinte.
Les zones cérébrales les plus atteintes par le vieillissement du cerveau et par la maladie d’Alzheimer sont les zones qui commandent le langage et les lobes temporaux en particulier l’hippocampe qui est le siège principal de la mémoire.

Lorsque l’on s’intéresse à l’étude de perception des sons, on s’aperçoit que la musique est d’abord captée par le système auditif, comme n’importe quel son. Les sons musicaux subissent ensuite des traitements qui leur confèrent une connotation émotionnelle particulière. Et dire que « la musique nous touche, nous fait vibrer », c’est dire ce qui se passe en réalité physiquement. Elle entre par notre oreille et ensuite rejoint le cerveau mais on la reçoit aussi par tout le corps.
Il est intéressant de remarquer que le traitement de la musique par le cerveau fait intervenir différentes parties impliquées dans la mémoire, les émotions, les mouvements ou d’autres modalités sensorielles.
Les travaux de Fabien Maman en médecine vibratoire montrent que les cellules de notre corps réagissent aux sons musicaux en fonction de la fréquence (hauteur du son, plus ou moins grave ou aigu) et du timbre (instrument ou voix).
On peut parler d’une conscience cellulaire, les cellules sont réellement vivantes, la conscience n’est pas localisée seulement dans le cerveau elle s’étend à notre corps entier. Pour le physicien Jean Charon, l’électron lui-même est porteur d’une conscience. L’effet de la musique sur l’être humain ne se limite donc pas au psychisme mais il s’étend au corps, à la physiologie.
Il est particulièrement intéressant de rapprocher ces différentes constatations aux notions d’inconscient vital et de psychisme cellulaire de Rolando Toro Araneda

Rolando Toro pose l’hypothèse que ce psychisme cellulaire s’inscrit dans une sorte « d’esprit biologique » qui ne concerne pas que l’individu mais qui participe d’une « force guide » au sein de l’océan cosmique, également dans le principe biocentrique.
Il existe une cohérence parfaite entre la structure de l’univers et la structure des êtres vivants.
Le Principe Biocentrique soutient l’idée d’un Univers vivant, au sein de l’unité cosmique.

Des passerelles s’établissent naturellement entre d’une part les idées de Rolando Toro à savoir l’inconscient vital (psychisme cellulaire) et le principe biocentrique et d’autre part la théorie de Santiago qui regroupe les découvertes de deux autres chercheurs chiliens : le concepts de cognition (toute forme de vie interagit avec son milieu), défini comme synonyme de vie, découvert par Franceso Varela et le concept d’autopoïèse (capacité de la cellule biologique à se dupliquer où chaque unité contient l’information du tout) découvert par Humberto Maturana.

La musique génère des émotions et toutes les musiques n’ont pas le même effet.
Au delà de l’effet psychologique que produit la musique, les effets physiologiques sont très importants. La musique, vecteur de lien social, est aussi source de bien-être, par les mécanismes physiologiques qu’elle met en branle.

Pour une mise en pratique de mes nouvelles compétences acquises au CIM, j’ai offert à un EHPAD de la région dunkerquoise, des séances de musicothérapie pour les personnes atteintes d’Alzheimer, en âge d’or ( j’emprunte ce nom donné aux personnes âgées, au Chili)
Mon objectif était de créer des séances de musicothérapie à partir de la méthodologie de la Biodanza, à l’image de ce qui se pratique dans d’autres pays.
L’expérimentation a porté sur trois groupes de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et répartis respectivement selon les trois stades de la maladie, à savoir léger, modéré et avancé.

Les piliers de la méthodologie Biodanza sont la musique, le groupe et le mouvement. J’ai utilisé des musiques issues des catalogues officiels de la BIodanza et j’ai apport é des musiques spécifiques pour ce public.
L’hypothèse de départ était que plus le stade de la maladie est avancé, et moins le mouvement prend place car il est non spontané, et donc le patient a besoin d’une guidance ou le mouvement est non réalisé ; moins aussi est évidente l’expression de la relation à soi et aux autres. Et donc à partir de ce postulat, la musique devenait le seul vecteur pouvant agir à un stade avancé de la maladie.

Cette hypothèse ne s’est vérifiée . Pour autant les observations faites montrent que les résultats sont allés bien au-delà.
La musique a fait valoir des effets thérapeutiques, certes mais aussi la relation avec les patients, les regards, les contacts ET la posture de musicothérapeute (bienveillance, respect, offrir mon sourire, mettre du vivant dans la relation)

Certes, la musicothérapie ne permet pas de stopper la maladie d’Alzheimer. Mais incontestablement, elle permet de freiner les effets néfastes du vieillissement du cerveau, ralentir le développement de cette maladie dégénérative neurologique, en plus d’apporter aux patients du bien-être, leur permettre de remettre de la vie à la vie, retrouver du lien social, du mouvement corporel le cas échéant, de la joie de vivre au moins le temps de la séance, et surtout retrouver une capacité de mémoriser que l’on croyait pourtant définitivement perdue.

Un cadeau pour toutes ces belles personnes d’âge d’OR atteintes de la maladie d’Alzheimer

 
  
 
     
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