Centre International de Musicothérapie    
 
 
Compte-rendu de stagiaire sur la formation  
 

 
Célia Dépt 46 Groupe 75

 

Voyage en terre humaine

Le Centre International de Musicotherapie… trois grands mots, beaucoup d’idées, de projections derrière. Mais qu’en sera t il une fois dedans?
Début septembre, sous un soleil clément, je découvre Noisy Le Grand. Agréablement surprise, par le calme qui s’en dégorge. J’ai l’impression de ne plus être dans la région parisienne, cela me plait. Puis me voila devant le centre. La porte s’ouvre, Sylvie m’accueille, doté d’un sourire bienveillant et chaleureux.
L’entrevue est rapide, consistante, mais dans ma tête j’entends surtout la voix de Sylvie qui me dit, puis qui se répète, bienvenue dans le groupe 75. Ça y est…je vais enfin découvrir, la musicothérapie ou les musicothérapies? Et ceci très rapidement car la première semaine de formation débute en novembre.
J’attends ce commencement avec impatience, et appréhension. L’appréhension de mettre trompée, l’appréhension de la rencontre avec mes autres camarades, l’appréhension de l’inconnu. L’impatience de répondre à cette appréhension.
Les premiers échanges avec les membres du groupe sont cordiales, polis, on s’observe, et on peut sentir le même questionnement commun, à quoi va ressembler la formation?
J’apprécie la mixité, une palette d’âges , 6 hommes, 10 femmes.
Le gong résonne, on se déchausse et on y va! , comme disait Pythagore « le commencement est la moitié de tout »
Un des exercices les plus important et constructeur, pour moi, fut celui de la présentation personnelle. Tout au long de la formation, une présentation de soi est demandée par chaque intervenant. Et à chaque fois, celle ci, soulevait en moi, une vague de questions, bénéfiques et essentielles.
Pourquoi suis je vraiment là? Qu’est ce que mon moi, désir ?
Le premier jour Sylvie m’éclaire, la musicothérapie est « une intention de faire des ouvertures ».
C’est ça , c’est ce chemin là, que je cherche.
Après une licence de psychologie, et avant de choisir ma spécialisation, au travers d’un master, je sens qu’il me manque quelque chose. Et ce quelque chose c’est la question, du qu’est ce que je peux faire, dans le cadre thérapeutique, sans les mots, pour travailler les maux. « L’inconscient c’est le discours de l’autre », et la musique permet ce dialogue, à tous et à toutes.
Mais comment l’utiliser, l’appréhender, quelles sont ces limites, ces possibles?
Et c’est vraiment ici, que j’aimerai remercier , féliciter touts les intervenants, ces musicotherapeutes , qui nous ont livrés leurs parcours, leurs joies, leurs difficultés; Et sincèrement, je leurs fredonne ma révérence. Car le travail est encore à decouvrir, à expérimenter ,ce n’est pas encore un domaine reconnu à sa juste valeur dans les institutions française. C’est pourquoi je trouve remarquable leur travail, et leur approche humaine, leur bienveillance. Merci.
A la fin de la première journée, Sylvie nous donne notre premier exercice. La construction d’un montage sonore, qui « melodiquerait » notre je. Un montage sonore qui nous représente. Mettre en musique qui nous sommes. J’ai tout de suite adoré, il m’arrive encore d’ecouter mon travail, et de plus en plus d’images m’apparaissent.
C’est pour moi, une des première approche concrète de la musicothérapie. Car ayant l’habitude d’utiliser les mots pour parler de moi, ici je les remplace par la musique. Et tout prend sens.
Puis lors de la prochaine rencontre, où nous devons faire écouter notre Jeu au groupe, c’est la que tout devient étonnant, les autres ont entendu,senti ce que la musique est venue symboliser. Et le plus impressionnant furent les mots de Sylvie, qui sont venus en résonance aux émotions glissées entre les notes.
Cette exercice est vraiment un très beau cadeau.
Le deuxième cadeau, fut la rencontre avec Dominique Bertrand, qui dispose (entre autre) de la mission « dynamique du groupe » . Et c’est exactement ce dont nous avions besoin,« le groupe est une métaphore de la naissance,d’une matrice, qui doit faire naitre quelque chose »
et c’est aussi la que je remercie mon groupe, les qualités d’écoute de chacun, le respect de l’autre, et l’ouverture, qui a permit, cette éclosion..florissante.
Les journées avec Dominique Bertrand,sont d’une grande richesse, c’est vraiment un grand Homme.Et c’est une chance de l’avoir eu comme formateur, transmetteur, penseur, observateur, et perturbateur (oui oui, on est parfois faussement tranquille dans ces résistances:).
C’est très difficile pour moi, de décrire authentiquement, cette rencontre, car c’est une personne qui réfléchie les mots, les dire,le sens, leurs forces, et je trouve réducteur tout mes premiers essais de « description » , d’ailleurs, je ne retranscrivais plus sur papiers les journées avec lui , car c’était dénaturer le moment, nous l’avons enregistré, pour ne rien rater ! l’intention, le cadre, le rythme !
Je voudrai donc le remercier, pour ces journées, et aussi pour ma découverte avec les percussions corporelles, que je pratique maintenant régulièrement, et le jeu du malin, que j’utilise aussi beaucoup !
Cette semaine fut aussi, éclairée par Madame Garcia Pilar, et ces superbes exercices avec la voix, notre voix, et Monsieur Bodu, et l’utilisation de musicothérapie réceptive au près de pathologies psychiatriques, semaine très sonore!
C’est grâce au Cim que j’ai commencé un travail sur la voix chantée, ce qui fut une découverte très riche, intime. Et c’est un outil que j’aimerai par la suite utiliser dans mon futur travail de musicotherapeute. Je trouve que connaitre sa voix , l’utiliser, s’amuser avec , ça a vraiment un effet thérapeutique.
Fin de la première semaine, début du dessin d’un bel horizon, le coeur leger et remplie de beaucoup de découvertes, personnelles et communes, et c’est après coup, trois quatre jours après cette « fin » que je sais, que je ne regrette pas mon choix d’être au Cim !
J’attend avec impatience, la prochaine rencontre.
La prochaine semaine s’est déroulée en compagnie, de Eugenia Duta, Sylvie Brun, Emmanuelle Parrenin, Jacqueline Leon et Dominique Bertrand. Cette semaine fut marqué pour moi par une très belle rencontre avec le travail et la personne de madame Leon, qui exerce au près de polihandicapés. Elle nous a montrer le déroulement d’une de ces séances, et ce fut incroyable. On a pu apprendre énormément d’outils possible.
La troisième semaine, fut orchestrée par Montange Anne, Dominique Bertrand, Vincent Bodu, et Pilar Garcia, Sylvie Captain-Sass.
Durant cette semaine, je tiens à remercier Sylvie Captain-Sauss, qui travaille en gériatrie. Et c’est la première que j’entends parler des personnes âgées, aussi authentiquement. Sylvie est personne qui sait écouter, et qui sait donner. J’ai beaucoup apprécier son approche de revalorisation, de la personne. L’important ici n’est pas l’enjeu thérapeutique, mais celui de « re narcisser la personne », « arriver en coeur à coeur ». A la fin de cette rencontre avec Sylvie, j’ai su, que c’était au près des personnes âgées que j’aimerai exercer.Je voudrais donc la remercier pour ces éclaircies.
La quatrième fut une semaine très riche ! D’abord la rencontre avec Claire Malama, une personne très agréable, avec une approche douce et sincère. Merci pour toutes les ouvertures offertes, sur la musicothérapie et la douleur. Ainsi que le travail de montage sonore, à faire pour un autre camarade! très constructif. Ensuite la journée avec Sylvie Brun sur la théorie de la relaxation, fut également un point fort, cela m’a permis de choisir ma spécialisation ( relaxation et sophrologie musicale), j’ai su que c’était un domaine que je voulais explorer d’avantage. J’ai beaucoup appris sur cette journée, sur la création de l’enveloppe sonore. Un autre montage sonore nous ai demandé, un montage de relaxation. Ce fut un exercice pas facile pour moi, sur le choix des morceaux, mais ce fut très formateur. La journée avec Omar Yehouessi, fut une grande découverte, sur l’ethnopratique, et son travail de musicothérapie au Benin. Puis vendredi, rencontre avec Dominique Laudet. Un homme marquant, une journée très très riche concernant la découverte de son formidable travail au près des enfants en difficulté. Et l’association du travail musical, avec le dessin. C’est un de mes plus beaux souvenirs de formation, cette journée. Avec également un montage à faire, à partir d’un cas clinique. J’ai adoré cette exercice. Merci
La cinquième semaine, fut l’écoute de montage auprès de Dominique Laudet, et de Sylvie Brun. Merci à vous pour ces beaux moments, d’échanges, de partages.
Puis à Dominique Bertrand, à Vincent Bodu et la musique détestée, et Bertrand Lauer et la dialectique du groupe.
Les semaines avancent, j’y vois plus clair, j’ai de plus envie d’en apprendre d’avantage, de plus en plus hâte de retourner au centre, et également pour retrouver mon groupe, avec qui nous passons une semaine atemporelle, dans notre bulle. Durant ces semaines, nous partageons des expériences qu’il est parfois impossible, difficile de décrire réellement à nos proches, nous gardons donc intimement ces moments ! Une harmonie est là.
La sixième semaine, accompagnée de Isabelle Pasquier , Stephanie Lefevre,Dominique Bertrand, Anne Bauer et son excellent travail auprès d’enfants psychotiques avec trisomie 21, et Claire Malama, nous font réaliser qu’il y a encore plein de possibles à découvrir, et qu’il est primordial d’adapter ces techniques de musicotherapeute au public auquel on s’adresse. Il est important de connaître les pathologies, les sensibilités, les limites, les envies de l’autre, d’ être attentif. Et de se connaître bien soi.
Septième et dernière semaine…déjà. Sept semaines c’est court, mais c’est beaucoup. Ce furent des semaines intenses, condensés.
Pour cette dernière, avec le groupe, nous avons été accompagnés de Jacqueline Leon, Emmanuelle Parrenin, Isabelle Pasquier, Anne Bauer, et Dominique Bertrand.
Et je pense que ce fut une des plus belle, c’est la fin et le debut d’autre chose.
Je garde en mémoire les exercices de Maieuphonie avec Emmanuelle Parrenin, sensation de résonance incroyable, et le travail de fin, avec Dominique Bertrand.
Cette formation m’a énormément apporté, grâce aux etonnants intervenants, au cadre mis en place, et à la dynamique de groupe.
La séparation fut belle et riche en émotions, c’est une fin et un début. Vers un chemin qu’il faudra créer seul, mais c’est rassurant de savoir que l’on pourra toujours compter sur ces camarades pour avoir leurs avis, partager nos expériences.
La formation fait « bouger » des choses à l’intérieur de soi, et sur la manière d’aborder l’échange thérapeutique. Beaucoup d’éléments se sont inscrits en moi, de manière inconsciente et on refait surface dans l’après coup. Un travail sur l’écoute de son corps est également entreprit durant la formation, et c’est un point essentiel pour moi, le therapeute doit être aussi à son ecoute, savoir se protéger, et prendre le temps, de faire des petits exercices, simples mais efficaces ! Merci pour ces initiations .
Le plus de cette formation est pour moi les ateliers pratiques, les mises en situation, et surtout le fait de « tester » notre réceptivité aux techniques utilisées.
Je vais bientôt commencer mon stage, et je suis contente que cette possibilité de faire un stage soit réalisable, pouvoir faire du terrain accompagné par un professionnel expérimenté.
Le bilan, est donc plus que positif, je suis ravie d’avoir rencontré autant de personnes sincères, bienveillantes. D’avoir de bons outils dans sa boîte.
Et d’avoir envie, envie d’exercer, envie d’y croire, envie de partager.
J’aimerai terminer mon compte rendu par une citation ce Carl Jung, qui fait écho, à mon compte rendu, à mon vécu en formation, et a ma projection en tant que thérapeute. « La pratique médicale est, et a toujours été, un art. Il faut en dire autant de l’analyse. L’art véritable est créateur, et ce qui crée est au-delà de toute théorie. C’est pourquoi je dis à tout débutant ; «  Apprenez les théories aussi bien que vous le pourrez, mais laissez les de côté dès que vous toucherez les merveilles de l’âme vivante. Ce ne sont pas les théories, mais votre personnalité créatrice qui sera décisive. »

Merci


 

  
 
     
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