Centre International de Musicothérapie    
 
 
Compte-rendu de stagiaire sur la formation  
 

 
Stéphane - Dépt 29 Groupe 73

 

BILAN FORMATION DE BASE

Après quelques recherches je découvre le Centre International de Musicothérapie et rencontre une musicothérapeute qui y a suivi la formation. Nos échanges me donnent envie de suivre cette nouvelle voie et elle m'y encourage. Suite à un entretien avec Sylvie BRAUN qui est la directrice du CIM, me voilà près à intégrer le groupe 73.

Première semaine :

Nous sommes accueillis par Sylvie qui nous accompagnera toute la journée.Bien sûr des présentations sont nécessaires et c'est par le biais du tour des prénoms que la magie va opérer. Chaque stagiaire se nomme puis chacun leur tour les autres répètent le prénom. Cela donne à chaque personne le sentiment d'exister à travers l'autre,de faire partie du groupe,de partir tous ensemble dans cette aventure. Maintenant le groupe existe au-delà de son numéro. Le test de réceptivité enrichit également cette première journée en laissant une place aux émotions ressenties lors de son écoute. Pour moi qui me place souvent en observateur,j'entrevois déjà la sensibilité de certaines personnes.

Les deux jours suivants auront également une grande importance. La rencontre avec Dominique BERTRAND nous touche tous. Il crée une dynamique de groupe en nous faisant exécuter des exercices simples avec la voix et le corps.Les yeux fermés, il nous demande de déambuler dans la pièce à vitesse plus ou moins rapide en émettant des sons. L'intérêt de cet expérience étant de favoriser les attirances ou les rejets des voix, ainsi que les contacts provoqués entre nous.Cela nous permet d'aller au delà dans la perception de soi et de l'autre,d'avoir confiance en nous et en les autres. Le groupe existait,mais maintenant il a une place dans l'espace et le temps tout comme chacun d'entre nous d'ailleurs !!!

Pilar GARCIA viendra à son tour à notre rencontre. Petit bout de femme plein d'énergie,c'est par la voix chantée qu'elle vient toucher ma problématique. « Redresse la tête,laisse sortir cette jolie voix ! » En effet,petit,on m'avait dit de façon physique et violente que je chantais faux...ce qui ne m'avait pas empêché de continuer à chanter, mais toujours sans public !

Puis la semaine se termina avec celui qui nous présenta la musicothérapie réceptive d'une façon qui fit résonance avec ma vision encore pauvre des émotions et ressentis que les différentes musiques pouvaient véhiculer. Bien sûr je parle de Vincent BODU !!!

Nous sortons tous du CIM pour aller prendre un verre et débattre sur cette première semaine,le cœur joyeux,même si à différents niveaux nous avons été plus ou moins remués par ce début d'aventure.

J'ai l'impression que la formation a démarré sur les chapeaux de roues et qu'en une semaine on a déjà approché plusieurs facettes du contact et de l'échange avec la musique, le corps et sa résonance.

VIVEMENT LA SUITE !!!

Un peu plus d'un mois se passe avant le retour au CIM.

Un montage sonore qui nous représente nous a été demandé par Sylvie et c'est ce qui va marquer cette deuxième semaine,même si les nouveaux intervenants nous apportent de nouvelles connaissances. Heureux de nous retrouver nous allons grâce à ce montage nous présenter différemment les uns aux autres mais aussi peut être à nous même. Exercice pas facile,certains seront déstabilisés à l'écoute de leur propre montage pensant ne pas avoir répondu à la consigne ou en y entendant des choses cachées au plus profond d'eux !? À l'écoute de mon montage je vois des gens pleurer. Y ai-je laissé transparaître tant d'émotions ? En tous cas l'analyse que Sylvie en fait ressemble beaucoup à ce que j'ai voulu y mettre et mes compagnons semble m'y reconnaître.
Dès lors,des barrières sont tombées,et chacun a offert aux autres un peu plus de lui même sans y être forcé et sans parler.
Je remarque aussi que par cet exercice,tous le monde a pu et su écouter l'autre et le laisser transparaître à travers son montage.

Après toutes ces émotions,nous retrouvons Dominique pour clore la semaine,et il est le bienvenu ! Il nous permet de faire un débriefing sur les moments forts de la semaine et de nous aider par la voix et le corps à nous ressourcer en énergies positives. Merci car nous sommes quelques uns à enchaîner sur une semaine de psychologie et psychanalyse et je pense que d'autres moments forts nous attendent.

En février je retrouve le groupe 73 au complet et suis très impatient de retrouver Vincent BODU qui nous a demandé d'amener notre musique préférée. Après beaucoup de doutes et de réflexions,mon choix s'est penché sur une chanson de Léonard COHEN (waiting the miracle).

Après avoir présenté tour à tour notre musique préférée et avoir partagé nos ressentis,je m'aperçois qu'outre le style du morceau,le rythme,les sons et les voix peuvent générer des émotions différentes chez chacun d'entre nous. Ma musique préférée n'est pas forcément agréable pour l'autre !
C'est à cette prise de conscience que Vincent voulait nous amener et c'est par cet exercice pratique qu'il a guidé ma réflexion.Non seulement la musique préférée de l'un ne l'est pas forcément pour l'autre mais
ma musique préférée d'aujourd'hui ne le sera peut-être pas ou plus demain !!!
Cette chanson a d'ailleurs aujourd'hui pris un parfum de CIM.

En cette troisième semaine,nous faisons la connaissance de Dominique LAUDET qui lui aussi se sert de la musicothérapie réceptive mais d'une façon différente. Il travaille auprès d'enfants en difficulté et ce domaine m'intéresse fortement car c'est avec ce public que j'aimerais travailler. Il nous fait part de différentes expériences en s'appuyant sur des cas qu'il a lui même suivis. Intervention très enrichissante
car je me rends compte que même si la musique joue un rôle important,d'autres facteurs ont leur place dans la musicothérapie. Le temps,l'écoute de l'autre mais aussi l'imprévu.
Il nous demande de préparer un montage pour un cas clinique en étudiant les résultats du test de réceptivité qu'il a lui même soumis à un patient.
Cette fois ci,ça y est ! Nous sommes dans le vif du sujet et j'ai hâte de m'atteler à cet exercice.

La semaine se termine et notre petit rituel nous emmène prendre un dernier verre.

C'est en Avril que nous attaquons la quatrième semaine...Déjà !!!

Chaque stagiaire a apporté son montage et ses doutes pour le cas clinique proposé par Dominique LAUDET. Ce premier exercice de mise en pratique n'a pas était évident mais finalement,après écoute de chaque montage,les retours de chaque stagiaire et de Dominique sont plutôt encourageants même si certaines déviances sont à corriger. Nous acceptons tous plus ou moins bien les erreurs constatées par Dominique ;mais ne sommes nous pas là pour apprendre et tirer des leçons de nos erreurs !?
Pour la prochaine fois,Dominique nous propose une autre étude de cas et donc de lui présenter un nouveau montage.

À son tour,Sylvie nous demande de préparer un montage,mais cette fois ci de relaxation,qui fera suite à son cours sur « la théorie de la relaxation ». Encore un exercice qui m'intéresse beaucoup mais très délicat à effectuer.

L'intervention qui s'en suit est menée par Jean Marie BOLANGASSA. Il nous emmène en Afrique par le biais du rythme et des percussions. Pas évident pour des blancs de se lâcher et de laisser vivre son corps aux rythmes des chants,des djembés mais aussi de sa pulsation intérieure. Tous le monde se prête au jeu,même les plus timides dont je fais partie dans ce genre de situation.Une fois de plus la musique nous a amené à lâcher prise et à vivre l'instant présent dans son intégralité. Ce fut une journée remplie de rire et de bonne humeur !

L'intervenante du lendemain,Isabelle PASQUIER,nous parlera de musicothérapie en cancérologie et soins palliatifs. Elle nous demandera également de lui présenter en Septembre un projet de stage. Ceci et juste un exercice pour nous aider et nous corriger dans nos futures démarches de recherches de stage ou de poste ainsi que dans la façon de présenter la musicothérapie de façon convaincante.

OH LÀ LÀ !!! Nous venons tous de prendre conscience qu'une bonne moitié de la formation était passée et que la recherche d'un stage s'imposait. Allez ! Je me lance un défi ; trouver un stage avant les vacances même si j'ai l'intention de le commencer qu'après la formation de base.

Nous abordons la cinquième semaine avec Omer YEHOUSSI qui nous conduit vers un monde peu connu de nous,Occidentaux.

L'ethnopratique et thérapeutique.

Omer va nous parler du vaudou et autres croyances originaires d'Afrique. Intervention très riche,elle ouvrira notre esprit sur le fait que selon les cultures et les croyances les patients n'ont pas la même conception de la vie,de la mort,du rapport humain ou encore de l'âme. La musique tient d'ailleurs une place très importante dans beaucoup de rites (cérémonie de mariage,accompagnement des morts vers l'au delà,ou pour entrer en transe...).

Montage de relaxation en main,nous voilà prêt pour une journée d'écoute et d'échange avec Sylvie. Personne n'est vraiment au point mais les erreurs de chacun enrichissent notre compréhension sur la méthodologie à appliquer pour ce genre de montage.

C'est avec Colette DUCROS que nous allons poursuivre cette semaine en passant une journée de musicothérapie active pleine de vie,d'humour et de créativité. Par le jeu elle va vite installer une dynamique de groupe et nous mettre entièrement à l'aise. Mobilité dans l'espace,contact,rire,elle fusionne avec le groupe. Je crois que c'est le premier intervenant à prendre cette place. Elle nous demandera ensuite de former des petits groupes et de réfléchir à une chanson que nous pourrions interpréter différemment en y mettant d'autres émotions par une mise en scène ou encore par une occupation de l'espace. Tout est possible car elle veut avant tout que nous soyons libres.

Comme pour la séance précédente avec Vincent BODU, celui ci nous à demandé d'apporter notre musique détestée. Peut-être par provocation ou par curiosité,je présente une interprétation de la Marseillaise par Les cœurs de l'armée Française. Celle ci ressemble plus à une musique de chasse à courre qu'à une musique militaire. Bon choix selon Vincent qui nous explique que l'interprétation d'un morceau a beaucoup d'importance et que de la violence peut s'y dissimuler. Il nous précise également qu'un patient d'origine étrangère peut nous demander de travailler sur l'hymne de son pays car au travers de celui ci il peut ressentir des émotions qui le ramène à ses origines. Encore une réflexions pertinente !!!

La grande pause d'été nous attend et je décide de préparer tous les exercices demandés pour Septembre rapidement afin de garder du temps libre pour digérer toutes les informations accumulées depuis le début de la formation et de profiter entièrement de mes vacances.

C'est avec beaucoup de motivation que je reprends le chemin du CIM en Septembre.J'ai trouvé un stage (que je commencerai en Janvier 2015) dans une structure dépendante de l'hôpital psychiatrique Etienne GOURMELEN à Quimper.La Maison Thérapeutique du Lycéen et du Collégien. Celle ci accueille des adolescents psychotiques. Ce fut pour moi un grand pas car il a fallut me vendre et défendre mon projet tout en me confrontant à une psychologue réticente quant à mon rôle et aux bienfaits de la musicothérapie.

Je retrouve donc le groupe 73,enrichi de cette dernière expérience que je m'empresse de partager.

Le projet de stage que j'avais pourtant défendu auprès de l'équipe encadrante de la MTCL et qui avait eu un impact plutôt positif,doit être maintenant présenté à Isabelle PASQUIER. Je me sens déstabilisé,peut être par ses questions pertinentes ou par son statut de musicothérapeute aguerri et reste assez confus dans mes explications. Je me rassure en voyant mes collègues rencontrer les mêmes difficultés. Cette expérience a pour but,non pas de nous mettre en échec,mais de nous montrer à quel point il faut être juste dans ses mots et avoir de l'assurance pour défendre un métier encore trop peu connu.

Pour la dernière rencontre avec Dominique LAUDET nous avons préparé le deuxième montage. Après écoute,nous nous apercevons que nous avons mûri et que nos montages sont mieux structurés que les premiers même si certains se sont permis volontairement ou involontairement quelques écarts. Pour ma part,je suis assez fier de ma proposition et les retours sont très convaincants.

Cette semaine fut aussi marquée par le départ d'un stagiaire. Cela nous touche et me touche particulièrement car ce fut le premier à me parler lors de la rencontre de début de formation et avec qui une complicité s'est installée. Nous partageons d'ailleurs des moments en dehors du centre. Mais il n'est plus dans le groupe et le groupe n'est plus le même puisqu'il est amputé d'un de ses membres.
Est-ce pour cela que je m'éloigne un peu des autres pour reprendre ma place d'observateur ou est-ce parce que la fin de la formation approche ? En effet,il ne reste déjà plus qu'une semaine a passer tous ensemble !

Dernière semaine

Nous arrivons maintenant en fin de formation et nous retrouvons Isabelle PASQUIER qui nous a demandé de préparer une séquence de 10 minutes de musicothérapie active ou réceptive et de la mettre en pratique en précisant à quel type de public elle s'adresse et l'objectif visé.
Comme pour les autres expériences,les retours du groupe et de l'intervenante sont les bienvenus et nous rassurent sur l'évolution de notre capacité à présenter un travail qui n'était encore que questionnement il
y a un peu plus d'un an.

Nous retrouverons également Dominique BERTRAND qui,même si je ne l'ai pas cité pour chacune de ses interventions,nous a accompagné tout au long de cette aventure et fut le lien,la force,le repère mais aussi celui qui nous a ouvert l'esprit sur la musicothérapie et dans bien d'autres domaines qu'il soit d'ordre personnel ou philosophique. Je crois qu'en nous amenant à réfléchir à différentes choses au sens le plus large,il nous a conduit au plus profond de nous même.

Pendant cette dernière journée de formation nous ferons,avec Dominique,le point sur notre parcours au sein du CIM et aborderons le thème de « LA MORT ».
Et oui !!! C'est bien aujourd'hui la mort du groupe 73. Comme aux premiers jours je l'ai observé en train de naître,je m'en écarte maintenant pour le voir s'éteindre peu à peu.
Quel chemin nous avons parcouru !!! Que de force pour tous ceux qui y ont trouvé des réponses très personnelles !!!

J'étais arrivé au CIM,curieux,plein de doutes,d'envies de découvrir … Tous les intervenants et tous les thèmes,même non abordés dans ce bilan,furent un grand apport de richesses et de découvertes. Même si certains d'entre eux ne semblaient avoir pour moi aucune résonance avant la formation,j'y ai quand même perçu un écho et vu que la musicothérapie pouvait s'adresser à tous le monde,mélomane ou non,avec ou sans problèmes apparents …

Durant ces sept semaines,j'ai appris à écouter la musique et les gens différemment ou plutôt à décoder ce que je percevais déjà sans vraiment le comprendre et sans savoir qu'en faire. Mes interrogations ne sont plus alimentées par le doute mais,me conduisent à une réflexion plus profonde et plus ouverte.
J'ai compris à quel point l'interaction thérapeute,musique et patient prend du sens quand le cadre est bien posé.

Le temps entre chaque semaine de formation a eu lui aussi son importance. Il permet de réfléchir,de comprendre les informations accumulées et de prendre du recul.Il nous laisse le temps de respirer et de se repositionner. En effet,je ne suis plus vraiment le même qu'au premier jour et,enrichis de nouvelles connaissances à la fin de chaque semaine j'ai attaqué la suivante d'un angle différent .

Je quitte le groupe 73 comme un jeune adulte quitte le cocon familial et garderai un peu de nostalgie de cette aventure.Même si le groupe 73 est mort,chaque stagiaire,chaque prénom ont vécu pour un moment en moi et m'auront apporté autant que la formation en elle même.

Je fini cette formation heureux,j'y ai découvert une pratique professionnelle qui me correspond,qui m'a permis de trouver ma voie et « ma voix » ;
je vais pouvoir commencer mon stage pratique confiant,même si une petite part de doute va sûrement accompagner mes premiers pas !

Si je sais aujourd'hui que la musicothérapie m'accompagnera pendant longtemps, j'espère aussi que le temps accompagnera la musicothérapie !


 

  
 
     
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