Centre International de Musicothérapie    
 
 
Compte-rendu de stagiaire sur la formation  
 

 
Valérie Dépt 75 Groupe 71

 

20 Décembre 2013: Mort et Résurrection

Intitulé d'une journée pas comme les autres, puisque ce fut le dernier jour de la formation de base du groupe 71.
L'heure est venue de quitter le "petit laboratoire", espace privilégié d'explorations, que nous avons aussi nommé, avec Jean Marie Bologassa, "le Village". C'est ainsi que ce dernier baptisa notre groupe lors de notre première expérience de danses improvisées et d'exercices corporels et vocaux; cette découverte à travers le corps qui ne ment jamais, fut très complémentaire du rituel de présentation qui nous a suivi tout au long de l'année. L'exercice m'est apparu à chaque fois différent tandis que mon écoute de l'autre s'affinait et que la définition que je donnais de moi-même variait.
Nous étions16 membres puis 15.
Quinze personnes dont j'ai appris plus que leur prénom, leur métier. Quinze personnes venant d'horizons différents du mien, avec lesquels j'ai partagé fous rires et larmes.
Les mots ne rendront jamais assez hommage à l'expérience que je viens de vivre mais je vais tenter d'être aussi fidèle que possible à mon ressenti. Je ferme la porte aujourd'hui sur le centre, les émotions dansent dans tout mon corps, ma tête est tranquille.
La semaine a été très intense, néanmoins je ne me sens pas bousculée mais plutôt confiante. Que de changements se sont produits depuis que j'ai commencé la formation!
C'était il y a un peu plus d'un an et je n'avais pas encore idée de tout ce que j'allais vivre.

Retour en arrière

J'ai découvert la musicothérapie il y a quelques années, lorsqu'après un accident, je cherchais un outil pour me remettre sur pied.
Étant chanteuse, professeure de chant et ancienne danseuse, c'est assez naturellement que je rencontrai un musicothérapeute; après plusieurs séances et constatant des résultats satisfaisants, je commençai à ressentir l'envie de me former à cette approche différente des thérapies verbales, telle que la psychothérapie.
L'envie était là, mais l'élan décisif pas encore. La vie, malgré mon accident qui m' avait fait pendre conscience que le temps du changement arrivait à grand pas, semblait reprendre son cours normal; j'avais encore pas mal de concerts et l'envie d'écrire un album.
C'est lors d'un voyage à Berlin que le déclic se produisit.
Marie-Pierre, la pianiste avec qui je travaillais, me demanda si je voulais bien chanter dans une maison de retraite où la grand mère de sa petite cousine demeurait. Cette femme était atteinte de la maladie d'Alzheimer et ne pouvais plus vivre sans soins spécialisés.
Son mari organisa donc notre venue avec la maison de retraite, et sans trop savoir quel public j'allais rencontrer, je sentais que j'allais vivre un moment intense.
Parmi la douzaine de patients du centre, la moitié d'entre eux étaient sévèrement touchés par la maladie, et pendant mon tour de chant, je réalisai à quel point la musique les interpellaient. Certaines personnes paraissaient souffrir; d'autres souriaient et tapaient dans les mains, d' autres encore gémissaient ou pleuraient. Je me sentais complètement dépassée mais investie totalement dans la musique et donnant des inflexions douces à ma voix pour calmer la salle, je restais concentrée, me demandant comment j'allais gérer le reste de mon petit concert.
Je ne sais pas pourquoi je décidai de réintégrer dans mon répertoire "What a wonderful World". Tandis que je chantais, le mari me rejoignit. Nous nous tenions par les bras et, de coeur a coeur, nous chantâmes à pleins poumons pour son épouse, laquelle, à la fin de la chanson, souriait et pleurait.
La petite cousine échangea quelques mots avec son grand-père et Marie-Pierre. Celle ci me confia que la grand-mère n'avait pas été "présente" depuis des mois.
En entendant cette chanson, un souvenir était revenu. Son mari jouait du jazz dans les années 50 à Berlin et elle l'avait entendu maintes fois jouer ce titre.
La musique a fait son oeuvre et moi, je suis rentrée à Paris, bien décidée à me former à la musicothérapie.

Cependant, je n'avais pas envie de revenir sur les bancs d'une faculté, où je savais, pour mettre bien renseignée, que la théorie primerait sur la pratique.
Le CIM me parut convenir à mes attentes et je me souviens de mon enthousiasme lors de mon entretien avec la directrice du CIM, Sylvie Braun.
Je me rappelle ses mots qui aujourd'hui ont pris tout leur sens. Elle parla de l'importance fondamentale du groupe; d'être à son sein, authentique; de jouer le jeu, sans quoi le "je" ne peut apparaître. Et si la théorie du travail Freudien et de tous les grands psychanalystes passés ou contemporains est incontournable, je réalise après cette année de formation, que le travail de pratique, d'expérimentations au sein de mon groupe a été une des expériences les plus transformatrices de ma vie.

Pas de travail possible sans le cadre

Le centre est accueillant, lumineux, et le sourire de Yamina, la secrétaire, met à l'aise rapidement.
Il est accessible d'accès et le trajet est agréable; longer une étendue d'eau, traverser le jardin des artistes et faire un petit clin d'oeil au théâtre Michel Simon fut mon petit rituel du matin.
À notre disposition, nous avons une petite bibliothèque où sont rangés les mémoires des anciens stagiaires, une salle de pause pour se restaurer et lâcher des tensions et autres émotions fortes, une petite salle de repos qui fait aussi office de cuisine, et surtout la grande salle de travail investie d'instruments, de chaises et de coussins, d'un lecteur de disque et d'une télévision.
Les deux énormes gongs m'ont impressionnée la première fois que je suis rentrée dans le lieu et puis, au fur et à mesure de mon investissement dans l'espace en pratiquant tous les exercices musicaux proposés, ils sont devenus abordables et indispensables. Moi qui avais par le passé la croyance que je n'étais pas faite pour la percussion, j'utilise désormais les tambours, djembé, oeufs ou tambourins sans complexes et avec passion. La Kalimba ou sansula est également un instrument que j'ai découvert au CIM et que je me suis procurée pour ma pratique en tant que future musicothérapeute. Je retiens tout de même que les instruments les plus simples sont a privilégier en musicothérapie.
Nous avons eu des semaines de travail espacées d'au moins un mois parfois deux et demi, permettant le recul, l'introspection, la diffusion de l'information dans notre tête mais surtout dans notre être. À mon avis, ces temps de pause ont été cruciaux pour une bonne maturation.

Le cadre, c'est aussi les formateurs

Chaque intervenant vient toute une journée (et parfois deux), nous parler de son expérience et nous propose souvent une mise en pratique afin de ressentir ce qui se joue au-delà des mots. C'est bien le propos de la formation d'une thérapie non verbale. Très vite, même si je ne suis pas ici en thérapie, je ressens que le travail intérieur se fait et que l'enseignement de techniques thérapeutiques vient changer mon regard sur mes propres blessures à visiter.
Sylvie Braun parle d'investissement personnel, et j'entends derrière ses avertissements bienveillants (mais fermes), que jouer le jeu, c'est déposer ses masques, accueillir ses peurs mais aussi celles des autres.
La première semaine de formation pose bien le cadre. Sylvie Braun expose le continu de la formation en nous sensibilisant à la musicothérapie réceptive, et Dominique Bertrand, quant à lui, à la musicothérapie active. Tous les deux nous rappellent qu'il n'y a pas de place pour le jugement, et que pour que le groupe fonctionne, l'écoute et le respect des uns et des autres sont fondamentaux.
Je garde en mémoire une journée très forte d'émotions, lors de l'écoute des premiers montages sonores que nous avons produits, illustrant le chemin individuel de chaque stagiaire.

Nous n'étions qu'à la deuxième semaine de formation, mais déjà certains remarquaient qu'ils reconnaissaient bien une personne à travers le choix de ses musiques, ou bien au contraire, qu'on pouvait être très surpris entre l'attente et le rendu.
Ce fut pour moi le début d'une prise de conscience qu'aucune musique n'est neutre et que je devais ouvrir au maximum non seulement mes oreilles mais tous mes sens, afin d'être à l'écoute du ressenti plutôt que de mon mental, qui analyse et projette sans le vouloir son propre filtre.Nous avions tous un peu d'appréhension avant de faire écouter nos montages. La musique va-t-elle bien parler de moi? Comment vais-je être perçue?
Je me sentais très vulnérable, et très étonnée de l'être. J'avais l'expérience de la scène, de la représentation, mais en formation, pas de lumière ou de paillettes pour se cacher. Nos montages ont été accueillis avec attention et respect par tout le groupe et l'essentiel de ce que la musique révélait a bien été capté, notamment par Sylvie qui après chaque écoute nous lisait son interprétation sous une forme assez poétique qui me rappelle les jeux de mots de Jaques Salomé,le psychothérapeute-écrivain de contes de Fée-faits.

Tout au long de la formation, chaque intervenant, dans le récit de son travail, n'aura de cesse de parler de posture d'écoute sans jugement, à surveiller constamment.
Christine Mulard aborde le sujet de la relation d'aide avec grand humanisme et nous fait réfléchir sur notre propre posture, notre ancrage dans l'instant présent, indissociable du travail sur le corps pour un esprit ouvert à soi et à l'autre.
Être en empathie ne veut pas dire confondre les sujets. Elle nous parle très précisément de la place du thérapeute à travers ses expériences, mais surtout en nous interrogeant sur la place que nous occupons dans le groupe, dans notre travail et dans notre vie globale.
Cette journée bouscule, le groupe est divisé. Certains sont dithyrambiques! On aime ou pas. Au Cim, les formateurs proposent des outils pour s'ancrer, pour être présent et le stagiaire choisit ce qui lui ressemble. Pas une seule réponse, dit Dominique Bertrand. Je m'en rends compte de plus en plus au cours des journées d'expérimentations et je m'émerveille devant la profusion d'outils pour s'éveiller à soi.
Les interventions de Vincent Bodu (entre autres), ont changé ma manière d'écouter la musique. À travers leur expérience de la musicothérapie réceptive, Vincent Bodu et Dominique Laudet m'ont transmis leur regard sur les éléments thérapeutiques qui constituent une oeuvre. Voix, instruments, féminins ou masculins, tempo, respirations, silences, gammes majeures ou mineures, intervalles, intensités, changements, nuances, il y a tant de paramètres susceptibles d'influer sur nos émotions.
Dominique Bertrand nous parlera aussi beaucoup de la musique du monde et son influence sur nos mécanismes primitifs et ancestraux. Il m'a amenée à faire des recherches sur l'ethnothérapie dans les écrits de Toby Nathan, qui tient compte de l'origine culturelle et religieuse pour soigner ses patients. La musique puisant dans les racines de toutes les cultures, Dominique Bertrand nous fait écouter des choses très différentes, venant des quatre coins de la planète et nous invite à exprimer nos sensations, nos émotions.
Les exercices en duo ou trio m'ont particulièrement plue, que cela soit avec la percussion corporelle, les voix harmonisées ou à l'unisson. Le jeu de miroir est très puissant, et les créations musicales où interviennent la danse, le mime, ou les contes, sont les exercices où j'ai pris le plus de plaisir et où je me suis le plus révélée.
Voir aussi la progression au sein du groupe était stupéfiant! Pas de miracles à proprement parler mais de la magie quand l'âme agit. Certains stagiaires qui au début de la formation n'étaient pas très enclins à chanter ont fini par donner de la voix avec plaisir pour le plus grand bonheur du groupe.
La formation fait "bouger" à l'intérieur comme à l'extérieur, et au fil des semaines, chaque stagiaire vit ses transformations, ses changements et ses remises en questions.
Chacun se met en place à son rythme. L'effet de groupe tantôt apaise tantôt attise les tensions, tel un miroir fidèle de nos sociétés actuelles.
Notre "petit laboratoire" se réinvente chaque semaine avec plus de créativité, plus de confiance, et malgré tous les questionnements et doutes qui surviennent, le sentiment de

groupe ne cesse de grandir.
Eugénia Duta parlera avec passion de "l'effet groupe".
Cette formatrice est l'une des personnes qui a accentué mon désir d'aider autrui.
Comme Jacqueline Leon ou Chantal Lheureux, elle nous rappelle que pour bien écouter et donc bien répondre, il faut emmagasiner un très grand nombre de détails révélant la personne que l'on accompagne, et surtout, être très patient et dénué d'attentes.
À l'aide d'exercices très simples et très riches, elles montrent comment se mettre au même niveau qu'une personne en souffrance. Au sein du groupe, ces exercices et les réflexions qui s'ensuivent, suscitent polémiques et parfois réactions épidermiques. Ainsi, l'alchimie opère et le groupe s'individualise un peu, soulignant notre évolution.
Jeux de rôle, psychodrames, improvisations, créations précises, chaos puis harmonie, nous nous sommes essayés à une multitude d'expériences encadrées par nos formateurs.
À part quelques-uns d'entre eux qui m'ont laissée parfois sur ma faim, les expériences au cours de ces sept semaines de formation de base sont très riches, très émouvantes (merci a Anne Bauer!), les exercices pratiques sont de petites clés fabuleuses que j'ai commencé à utiliser auprès de certains de mes éleves, et notamment un monsieur victime d'un AVC, à qui je donnais des cours de chant et avec lequel je continue de travailler en musicothérapie.

 

L'intervention d'Emmanuelle Parrenin est un cap pour moi dans la formation.
Cette musicothérapeute, créatrice de la maieuphonie, nous a offert tout au long de la journée, d'excellents exercices sur le corps sonore.
Ces techniques m'ont rappelé mes expériences de danse et de musique en Inde, lors de mon dernier voyage, à peine deux semaines après le début de la formation. La synchronicité fonctionna à merveille et je me demandais si j'allais avoir un formateur au CIM qui connaisse bien les musiques indiennes et Amérindiennes. Avec Emmanuelle, j'ai été comblée.
Son parcours est surprenant et donne matière à inspiration. Son approche de la musique fait écho à la mienne, ouvrant en moi des espaces très enrichissants.

Isabelle Pasquier et Domique Laudet sont les personnes qui m'ont aidée à structurer mon travail à travers des montages sonores concrets, à partir de cas cliniques, me permettant ainsi d'élaborer un projet personnel, destiné à être présenté à une institution (ou dans un cadre privé) où proposer mon travail de musicothérapeute. Dominique nous a présenté le test de réceptivité et demandé de produire un montage à partir de cas réels afin de nous impliquer précisément et intensément dans le choix de musiques thérapeutiques.
Le premier exercice m'a posé problème car je me sentais impuissante devant la souffrance de ce patient inconnu mais existant quelque part. Je cherchais mes morceaux en pensant à lui; j'avais peur de me tromper connaissant les répercussions d'un mauvais montage.
Cet instant fut décisif pour moi. Je ne suis pas Dieu, c'est un montage dans l'exercice de formation, ce patient va bien et j'ai le droit de me tromper. Voilà ce que je me suis dit pour me calmer et avancer avec discernement; je dois dire que cela m' a fait travailler la notion d'humilité.
Pour le deuxième cas clinique, je me sentais plus confiante et mon montage était bon. J'aurais aimé avoir plus de journées de travail sur des cas avec Dominique, mais ce fut suffisant pour me donner de bonnes bases en musicothérapie réceptive.
Sylvie Braun nous a demandé un travail de montage de relaxation et cela m'a aidée à choisir ma spécialisation.
À la fin de cette formation de base, que cela soit en musicothérapie active ou réceptive, j'ai obtenu des réponses à mes questions concernant le public vers lequel je désire m'orienter, comment présenter mon travail en institution, et quelles techniques je commencerai à utiliser; sachant maintenant qu'il n'y a pas qu'une seule réponse et que les musicothérapies sont aussi variées qu'il y a de musicotérapeutes, que l'on se réinvente à l'infini, avec humilité et ouverture, comme beaucoup de formateurs nous en ont fait la démonstration.

Au début de la formation, ne venant pas du corps médical, contrairement à certains stagiaires du groupe, je sentais parfois un gouffre entre mon expérience et celles des formateurs qui travaillent avec passion auprès de personnes souffrant de poly-handicaps, d'autisme, de souffrances psychiques, de la maladie d'Alzheimer et bien d'autres pathologies.
Puis, après la 4eme semaine de formation, à la mesure du groupe qui devenait de plus en plus autonome, créatif et responsable, j'ai trouvé ma place et ressenti émerger mon potentiel de musicothérapeute.
Aujourd'hui, je n'envisage plus mon métier de professeur de chant et de chanteuse sous le même angle.
Pilar Garcia, qui travaille avec les personnes âgées, fait un travail intéressant sur la voix, Emmanuelle Parrenin, que j'ai citée plus haut, a ouvert les frontières de ma conception et de mon utilisation du son, mais c'est surtout Dominique Bertrand, le responsable de notre dynamique de groupe, qui, à chacune de ses nombreuses interventions, a favorisé l'émergence de la créativité groupale et individuelle de chacun.
Ses exercices sur la voix et le corps sonore m'ont fait prendre conscience, semaines après semaines, de mes limitations, tout en me donnant confiance.
Grâce aux écoutes bienveillantes du groupe, je me suis connectée plus en conscience à ma créativité.
Ses sujets de réflexion m'ont amenée à chercher plus loin, à ouvrir des "portes" afin de comprendre pourquoi les frottements du groupe appuient sur mes propres blessures;
nous invitant ainsi à explorer notre chaos intérieur, ce bruit incessant du mental qui craint le vide, et nous offrant l'occasion de nous reposer dans le silence libérateur, où se tisse dans l'invisible, le lien, l'espace de guérison.
Avec équité et humour, il nous exhorte à voir, écouter, sentir autrement, plus amplement. En nous faisant incarner notre propre créativité, notre "je" émerge, telle une note fondamentale d'une personne en bonne santé mentale et physique. Toujours avec bienveillance et humilité, il nous encadre avec des propositions précises, dans un espace intérieur de réflexion et de création totalement libre.
Abordant les sujets fondamentaux de philosophie, Dominique est précis sur le choix des mots, il est érudit mais ne souligne pas nos manques, il fait ressortir nos pleins. On parle du mythe de Narcisse, Morphée, et on revient à l'actualité, témoignage que rien n'a vraiment changé dans les structures de l'être humain. Les Grecs, les Égyptiens savaient soigner, connaissaient les sciences et écoutaient les dieux.
Le chant des harmoniques ou chant diaphonique, Dominique Bertrand le maîtrise bien. Depuis plusieurs mois, je l'ai incorporé à mon quotidien et à mes cours.
De plus, je commence à explorer ce trésor fascinant qu'est le son vibratoire avec les voyelles entonnées à une certaine fréquence. Certains de nos formateurs parlent de Marie Louise Aucher, dont la transmission aujourd'hui n'est plus tout à fait conforme à son enseignement premier. Et pourtant il me semble qu'elle utilise le son comme il l'a été de tous temps, de la préhistoire aux temps modernes.
En France, nous sommes en retard sur ces pratiques thérapeutiques, alors qu'en Asie, en Afrique, chez les amérindiens ou d'autres peuples du monde, comme les aborigènes d'Australie, la notion de vibration et de résonance est utilisée depuis la nuit des temps.

 

J'ai la certitude que la musicothérapie a un rôle à jouer en tant que thérapie du non-verbal au sein des institutions médicales. Elle me semble complémentaire aux autres spécialités, appropriée à notre culture et à la santé publique qui refuse obstinément encore de parler de la mort sous un angle différent, comme c'est le cas dans d'autres pays.

Au delà,de ce que j'étais venue chercher, apprendre, connaître ou reconnaître au CIM, sans vraiment mettre les mêmes mots qu'aujourd'hui sur cette recherche, je prends conscience,que je suis un être en devenir perpétuel. Bien que terminée, ma "formation de base" continue encore et encore.

Chaque intervenant, chaque stagiaire m'a appris à repousser mes limites, à comprendre que la voie que je choisis d'expérimenter à travers l'aide à autrui, me ramène toujours vers moi, en mon centre, afin de m'écouter constamment pour pouvoir écouter l'autre avec bienveillance et respect.
J'ai rencontré des gens riches et passionnés, venus dans le but d'apprendre des techniques, et repartant en ayant réappris à être.

Bien que la relaxation et la sophrologie me paraissent être des outils indispensables à la pratique de la musicothérapie, j'ai choisi de me spécialiser en créativité.
Je pense approfondir les quelques notions que j'ai acquises avant et pendant ma formation. Le montage que Sylvie Braun nous a fait faire et la journée d'écoute qui s'en est suivie m'a convaincue de la force bienfaitrice d'un bon montage, et à contrario, du pouvoir destructeur d'un montage fait à la va-vite. La musique n'est pas neutre!
Les différents témoignages de formateurs ou stagiaires travaillant en hôpitaux en sont une preuve irréfutable.
Le bruit incessant des machines, des radios, des conversations, des cris et des pleurs dans les lieux de soins, peut être tellement allégé par la connaissance des effets toxiques de certaines vibrations et l'effet bénéfique d'une musique appropriée et choisie pour sa fonction thérapeutique.
Beaucoup de formateurs arrivant dans une institution ont choisi avec courage et détermination de faire connaître la musicothérapie aux soignants et aide-soignants. Leur travail d'éducation ou plutôt de rééducation, me semble être un point important du parcours d'un thérapeute.

Merci à tous! Nous avons tant cheminé… J'aimerais raconter notre dernière semaine, notre dernier jour ensemble, mais il y a tant à dire que je préfère n'en dire pas plus.
Ce fut fort, un vrai concert, une vraie création digne d'exister.
J'écoute à jamais les respirations, les silences, la "musique" des gens qui m'entourent, comme je n'ai jamais écouté auparavant, et ce, grâce à vous!

Beaucoup de mes anciennes croyances sont mortes durant la formation au sein du groupe 71.
Beaucoup d'idées sont nées aussi, et aujourd'hui je me sens plus vivante que jamais….L'aventure continue!

  
 
     
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