Centre International de Musicothérapie    
 
 
Compte-rendu de stagiaire sur la formation  
 

 
Patrick Dépt 94 - Groupe 67

INTRODUCTION

J’ai entrepris cette formation à la musicothérapie dans le désir de mieux aider les personnes en souffrances. Enfant, je me suis réparé avec la musique, je me suis construit avec la musique, je suis devenu musicien flûtiste à bec. Apprendre à jouer d’un instrument, et plus largement s’ouvrir à cette pratique artistique est, dans mon fort intérieur, indissociable de la découverte de soi-­‐même. Depuis le début de mes expériences d’enseignements en 1976, l’épanouissement de « mes élèves » est ce qui m’anime et conduit ma pédagogie.

Il y a longtemps que je désirais en connaître plus sur la musicothérapie, mais je ne voulais pas d’une formation intellectuelle basée sur la lecture de livres et sur les théories de la psychanalyse de l’école Freudienne.
Des situations professionnelles d’enseignement à des élèves nécessitant une approche plus thérapeutique de la musique, la recherche de vivre l’outil musical d’une autre manière, la nécessité d’être plus crédible pour proposer des projets alliant pratique musical et mieux être, m’ont poussé à m’informer sur la musicothérapie.

Aussi j’ai été très intéressé quand j’ai découvert le site internet du CIM (dont je connaissais l’existence depuis
1986) avec ses programmes associant la pratique et la théorie.
Mais est-­‐ce que j’ai les qualités et les capacités d’être musicothérapeute ?
Je suis venu au C.I.M. avec des interrogations sur la façon de travailler avec la matière musicale dans l’objectif d’apporter une aide psychologique. Comment la musique agit-­‐elle et de quelle manière acquière-­‐t-­‐elle la possibilité de soigner ? Quelle forme de relation j’établis avec la personne pour être dans une action thérapeutique et comment je comprends la relation de celle-­‐ci à la musique qui le touche ? Quels sont les lieux où les thérapies par la musique s’utilisent ? Quels sont les styles de musiques possibles et intéressantes à utiliser ? Quelles personnes peuvent bénéficier des effets thérapeutiques de la musique ? Et qui sont les musicothérapeutes, leurs formations, leurs expériences professionnelles, leur réussite dans les soins par la musique ?

L’ENTRETIEN

Je pensais que ma candidature pourrait ne pas convenir au CIM.
Dans mon idée, le CIM me semblait être un organisme très sérieux dont les formations sont conçues pour des personnes ayant un bagage universitaire et une certaine connaissance dans le domaine de la psychologie. Je doutais d’avoir le niveau d’étude suffisant pour être accepté dans la formation, et parce que j’ai acquis une grande partie de mes compétences par un travail d’autodidacte sur le terrain de l’expérience professionnel.

L’entretien de candidature avec Mme Sylvie BRAUN, directrice du CIM, m’a ôté ces préjugés lorsqu’elle a affirmé, comme une mise en garde et avec une force persuasive, l’importance de jouer le jeu du groupe . C’est à dire manifester le « Je » de l’implication personnel au sein du groupe pour que celui-­‐ci soit aussi moyen de formation dans les inter relations qui se créent et dont on est amener à prendre conscience. S’impliquer dans la formation en donnant ce que chacun est ; par le dévoilement de ce que je suis, je m’investi et permet que le groupe devienne le lieu où se vit un processus d’auto formation de ces membres. La demande et
« l’avertissement » de Mme Sylvie BRAUN était claire : êtes vous près à jouer le jeu …. d’être vous, dans
l’affirmation de vous-­‐même.
Aïe ! Moi qui voulais plutôt être discret ! J’ai revu ma vision du futur dans la formation et je me suis dit intérieurement « bon ! Je plonge, je joue le jeu, je m’engage dans la formation». J’ai répondu à Sylvie BRAUN : je comprends ce que vous voulez dire, je suis d’accord.
A ce moment là, J’ai su que j’étais accepté et que la formation commençait maintenant, avec cet entretien. (Ouf ! J’ai le profil qui correspond).

LE GROUPE

J’ai découvert le groupe « 67 » avec plaisir. La différence des chemins de vie et des expériences professionnelles enrichissent la formation, permettent d’apporter des points de vues intéressants qui parfois au premier abord s’opposent. La compréhension d’où parle l’autre, de ses dispositions affectives et de son caractère personnel, de son histoire, amène à réfléchir sur son propre détachement pour installer la paix intérieur pour une écoute plus juste, et ne pas rentrer dans la « résonnance affective » ou la contestation et le refus de la parole de l’autre, ou simplement s’en désintéresser. Le groupe comprend 13 femmes et 2 hommes.

Un travail important d’écoute et de compréhension de chacun, la recherche de se positionner en fraternité et non en concurrence, de favoriser et participer à l’élaboration d’une synthèse personnelle et (où) collective dans les discutions et d’associer les points de vues et expériences exprimés comme complémentaires ce sont développés tout au long des rencontres du groupe.
J’ai remarqué au cours de la succession des semaines comment des expressions de stagiaires plus centrées sur
elles-­‐mêmes, plus émotionnelles et réactionnelles se sont apaisées et ont permis des échanges de paroles plus
équilibrés et accueillantes envers les autres. Du fait des thèmes travaillés, des exercices d’expressions de soi-­‐ même, j’ai observé et pu m’interroger sur l’émergence de mes propres projections sur l’autre où sur les images semi conscientes que je voyais se cristalliser en découvrant chacun d’entre nous, qui dans son expression projette sa propre image qu’il vie de lui-­‐même. Les transferts et contre transferts ont fait partis du voyage. Leurs ai je fait, leurs a t on fait la peau à chaque fois ?

La découverte de chacun par l’ensemble des ateliers d’expression proposés dans un esprit de bienveillance et d’ouverture les uns envers les autres, bien canalisé par les formateurs, ont permis, il me semble, des relations de sympathie entre nous tous. Se mettre ainsi au diapason les uns envers les autres, dans la réalité et l’acceptation de nos différences, créent une symbiose entre nous tous.

Je suis très heureux et « émerveillé » de remarquer comment chacune et chacun a évolué dans son personnage, a évolué dans sa personne, en manifestant un mieux être, une plus grande assurance dans le choix de son chemin à suivre dans un accroissement de ses potentialités.
Je me suis senti moi-­‐même plus tranquille et sûr, dans la simplicité d’être là, ne me mettant plus à douter de moi dans mes activités avec les jeunes, dans mon acte de vie dans la vie.

J’ai perçu ce travail avec le groupe voulu comme un « laboratoire » d’où nous voyons émerger nos limites respectives, comme le moyen d’aiguiser notre perception de nous-­‐mêmes, comme le terrain d’observation des rapports inter personnes que nous aurons à comprendre dans notre relation de thérapeute. Je pense que par le vécu du groupe, nous avons concrètement expérimenté et travaillé l’état d’esprit de bienveillance, de compassion, de respect, d’accueil de la différence, d’humilité, envers la personne qui est le « sujet » dont la psychanalyse parle.
C’est ce que manifeste et nous font « voir » la grande majorité des intervenants formateurs du CIM par leurs attitudes relationnelles avec nous, dans leur action de formateur vis à vis de nous ainsi que par les expériences professionnelles par lesquelles ils nous transmettent de la connaissance. J’ai vraiment ressenti cette chaleur humaine d’objectif de cœur envers les autres, d’entraide, d’amour voulu désintéressé dont les formateurs au CIM sont de vrais « ambassadeurs ».
Je comprend la demande express et insistance de Mme Sylvie BRAUN de jouer le jeu du « Je suis » ; de ne pas
être dans un double jeu parmi le groupe, de jouer à cache cache.

Gestion du Groupe : Formateur de référence Mr Dominique Bertrand

Chaque formateur lors de son intervention a été garant du cadre dans lequel chacun a pu trouver sa place. Leurs qualités humaines sont en adéquation avec les contenues de formations qui reconnaissent à chacun l’espace d’être son « je suis » dans le respect mutuel et du fonctionnement collectif. J’ai apprécié l’écoute et l’attention auxquelles nous avons eu droit.
Mr Dominique Bertrand a dynamisé le groupe, a favorisé notre conscience du groupe et nous a mis en mouvement dans la conscience de notre individualité au sein du groupe. Par ces exercices et ses méthodes de formation, il a facilité la rencontre entre les personnes, nous a dynamisé, a mis en question nos doutes et nos préjugés, a dynamité nos angoisses et nos raideurs mentales, c’est attaqué à la poussière dans nos cerveaux,

Nous a fait mettre du silence là où il y avait beaucoup de bruits inutiles et de la réflexion là où le vide de pensée était un frein.
Nous avons quand même bien rit et le temps est passée très vite avec lui, trop vite même. C’était un temps de formation que j’ai très apprécié.
Le premier jour de la formation, dans la 1ère heure, Sylvie Braun a déclaré : le groupe 67 et né. (youpi ! le futur est présent)
Le dernier jour de la formation de base, la dernière minute, Dominique Bertrand a déclaré : le groupe 67 est mort (pour la formation de base) …… (youpi ! le présent est futur)

Je note que nous avons reçu les outils pour comprendre et gérer les situations de Deuil.

RENCONTRES AVEC LES FORMATEURS ET LE CONTENU DE FORMATION

MUSICOTHÉRAPIE ACTIVE, ACTIVITÉS PSYCHOMUSICALES et CONNAISSANCE DE SOI

Le Chant, la voix :

Formateurs : Dominique Bertrand, Pilar Garcia, Emmanuelle Parrenin, Anne Montange.

J’ai trouvé Les différentes approches de la voix et les expérimentations vers lesquelles nous ont conduit chaque intervenant comme très complémentaire, très ludique et dynamisant. La passion et la joie comme celle de Mme Pilar Garcia extrêmement communicative, balayent tel un ouragan toutes les peurs que peuvent ressentir certains de lancer sa voix chanté devant le groupe.

Ce travail de la voix m’a mis dans un plaisir d’être, une joie d’être ensemble, de bouger, de poser ma voix et de m’amuser avec. Bien que je chante beaucoup dans mes activités d’enseignant (cours de flûte à bec et éveil à la musique du petit enfant) et de père, j’ai repris contact avec des qualités de ma voix que je n’avais plus explorées depuis longtemps (quelques expérience de chant dont avec le Roy Art).
C’est aussi un grand plaisir physique de cette matière sonore, notre matière sonore collective perçue enveloppe de mon corps et ressenti par l’intérieur. Le mélange de cette multi phonie vocale, harmonie ou dissonance, crée des temps de massage sonore très relaxant. Cela a eu comme effet de stimuler une communication inter personnel plus spontanée dans le groupe.

Le travail rythmique et de créativité collective impulsé par Mr Dominique Bertrand avec des percussions corporelles me donne un champ possible à exploiter dans certains contextes et à associer avec l’utilisation des percussions. Oser l’imprévu, oser s’entendre et être vu, lâcher le jugement de soi-­‐même pour vivre ce que le sonore fait d’effets sur soi, son corps inventant ses mouvements. D’expériences « extrêmes » Il nous a conduit au bout de nous-­‐mêmes, là où l’on prend conscience que « lâcher prise à l’instant » est la porte d’être « Paix ici et maintenant ».

C’est aussi dans cet espace de recueillement intérieur que Mme Emmanuelle Parrenin c’est attaché à nous faire vivre. Je me suis trouvé dans une autre sensation corporelle en fin de journée, plus centré et ancré au sol, les mouvements du corps plus fluide (comme après une séance de Tai Chi Chuan), ma voix plus sonore, plus souple, plus libre et riche d’harmoniques.

Les jeux verbaux de Mme Anne Montange mettent en évidence le bridage et le formatage de mon imaginaire. J’ai eu quelque mal à me libérer de ce fonctionnement très rationaliste dans mon utilisation du langage. Je suis plus apte à l’improvisation de vocalises et de « mélodies » instrumentales. J’ai pu faire le parallèle entre l’art du Conteur, qui par divers moyens capte l’attention de son auditoire et l’art du Musicien animateur, qui de même, capte son public en concert, ou dans l’activité d’Éveil au Son tel que je le pratique auprès de tous jeunes enfants : La totalité du Corps investi comme Instrument Vivant, « étant en Son présent Musique ».

L’instrumentarium de percussions et instruments à cordes

Formateurs : Jean Marie Bolangassa, Dominique Bertrand, Eugénia Duta, Anne Bauer

L’exploration musicale avec l’instrumentarium nous a été proposée principalement à partir de l’improvisation collective. Par cette pratique, nous avons la possibilité individuellement de nous poser des questions concernant notre aisance musicale, nos capacités rythmiques et mélodiques, notre plaisir à jouer avec les sons.
Comment dans la création collective, je me place et je participe à la construction de l’espace sonore ? Quelle
écoute j’ai de mes partenaires musiciennes (musiciens) et qu’est ce que j’impulse dans ma manière de jouer : accompagner, compléter, imiter, soutenir, confirmer, répondre, dialoguer, s’opposer par le contraste, laisser la place, dynamiser, diriger, créer une tension sonore, proposer une autre couleur sonore ?
C’est un temps d’expérimentation où j’ai essayé, où je me suis laissé porter par le flux musical général, où j’ai
joué « du son » avec plaisir, joie, douceur, farceur, provocateur (malice), accompagnateur……... Des duo, des trio, des complicités musicales se sont établies dans la mouvance de l’instant musical, nous emportant dans des atmosphères d’une profonde émotion. Il y a eu de beaux moments d’harmonie sonore collective où chacun s’est installé ; chacun sa place ; quelle que soit sa perception du beau et la conscience qu’il a de son geste sonore à cet instant.
Ces instants nous ont été donnés avec tous nos intervenants, et grâce à eux.

Mr. Jean Marie Bolangassa nous a apporté la fougue et le dynamisme de la tradition Africaine.
Une musique inventé dans une pulsation très soutenue et très enracinée.
Mr.Dominique Bertrand, nous a conduit par son imaginaire musical s’inspirant des traditions orientales. Sa conscience de la tension subtile de la matière sonore, la finesse de son écoute des sons, sa conscience de la magie du sonore nourrissant son intention musicale nous portait
à d’autres ambiances.
Mme Eugénia Duta par sa joie communicative, d’une bienveillante douceur et bonté, parlant
« de cœur à cœur » et « d’esprit à esprit » a créé l’ambiance nécessaire à l’apparition de
moments musicaux transparents de simplicité et de délicatesse. Mme Anne Bauer est dans l’ouverture aussi de cet espace d’improvisation plutôt paisible et aérienne.

J’ai apprécié ces espaces temps sans parole, le langage musical révélant le « secret » de notre état d’être du moment par lequel le groupe s’est un peu plus pacifié. Moments de consumations, de transformation des tensions intérieures psychiques et physiques où nous avons pu donner des vacances à nos neurones et de la rêverie sonore à nos corps un peu engourdis et parfois courbaturés.
Pour notre groupe, j’ai remarqué une facilité à créer des espaces sonores de mieux en mieux ressentis
ensemble. Une meilleure communication musicale s’est instaurée au fil des semaines. J’attribue cela à notre
évolution au sein de la formation. Il me semble que chacun, individuellement, a cheminé vers plus de tranquillité, d’assurance et d’harmonie.

Je suis très à l’aise dans le jeu avec des instruments de percussions et d’objets sonores. J’utilise déjà ceux-­‐ci en tant qu’outils de médiation thérapeutique. Je retire de ces temps d’expression musicale un enseignement sur l’effet d’harmonisation de la personnalité et d’un groupe. Les formes de nos investissements personnels, de nos doutes, de nos peurs, de nos rejets ou non intérêt pour des sonorités ou (de) certains instruments, ont été peu discutées. Comment chacun assume et surmonte cela et « se travaille» intérieurement, pour dépasser ces blocages dans l’expression musicale, de mon avis a manqué parfois de discussion.
Lors de séances de travail avec des techniques psychomusicales, nous rencontrerons peut-­‐être des
personnes manifestant diverses réactions et blocages au cours de situations musicales vocales ou instrumentales. En rapport à ces questionnements, nous exprimer depuis le « laboratoire » individuel que nous sommes aurait été intéressant.

MUSICOTHÉRAPIE RÉCEPTIVE RELATION D’AIDE

Formateurs : Sylvie Braun, Vincent Bodu, Dominique Laudet.

La succession des temps de travail pour appréhender le fonctionnement de la musicothérapie réceptive m’apparaît très progressive et nous met bien dans les multi dimensions du sujet

Présentation de la musicothérapie

Écoute d’un test de réceptivité
Écoute de musiques avec paroles et leurs effets
Montages de vos musiques préférés
Test de réceptivité et écoute et approfondissement
La relaxation et les montages du programme de relaxation
Votre musique détestée
Les 3 phases du programme de musique réceptive

Je suis très touché par la prise de connaissance de l’action de la musicothérapie réceptive et des exemples présentés témoignant de la force révélatrice de la musique chez ces personnes. Tous ces temps de travail collectifs, dans le concret des effets des styles musicaux, de nos échanges et dans les émotions dévoilant une part de notre monde secret, ont été extrêmement passionnants. Le test des « musiques préférées » nous a reliés à des émotions très fortes qui sont l’expression plurielle d’une partie de mon identité, l’image sonore de mon « je » de cette période ou passé et présent sont en symbiose.
Dans le vif de ces situations dont nous sommes le sujet, le positionnement et l’état d’être de nos formateurs-­‐ Thérapeutes, nous ont permis la prise de conscience, le repérage, l’apprentissage de ce rôle de Musicothérapeute à porter, à mener, à assumer (si tel est notre désir futur)
Ces écoutes de multiples compositions et formations instrumentales différentes ont été l’occasion de découvertes musicales enthousiasmantes. Je dispose d’une belle liste de CD en prévision d’achat, et surtout : ne pas omettre d’agrandir le meuble discothèque de l’appartement.

Dans le cadre des journées avec Mme Sylvie Braun, l’écoute des montages fut d’une grande richesse de découverte de mes collègues de formations, et qui me porte à la réflexion du rapport entre le vécu affectif et les musiques s’y rattachant. Cette séance a modifié et a renforcé les liens entre chacun d’entre nous ; profondeur, simplicité, bienveillance, humour, accueil, discrétion. Mme Braun nous a conduits avec beaucoup de respect, de délicatesse, d’humilité, de bienveillance, sur le chemin de l’écoute de l’autre.
Les musiques apportées par Mr Vincent Bodu ont suscité des réactions passionnées tellement certaines étaient émotionnellement chargées. Ses musiques chantées d’une très grande puissance
émotionnelle nous ont forcés à travailler la maîtrise de notre émotionnel, pris entre l’envie de pleurer ou de déprimer ; de râler ou gémir devant quelques compositions grinçantes et « fracasseuses d’oreilles ». En Bref, Mr Bodu, par sa sensibilité et ses goûts très larges et puisant aux extrêmes de la production discographique, nous a fait frémir, et rire en même temps. Les pauses « café biscuit chocolat» nous étaient très réconfortantes.
Dans la continuité de tous ces apports, dans l’approfondissement de cette pratique que je vois sans limite, Mr. Dominique Laudet nous a ouvert la porte en plus grand, pour cheminer encore plus loin. De mon monde de perception et de discernement, j’ai rencontré le pouvoir insoupçonné et magique de la « dimension » Musique. Tous ces sons qui nous parlent, nous bougent, nous construisant, nous transformant, nous déstructurant, à la fois outils et miroir des forces fondatrices et formatrices de l’être humain……et bien plus que cela. Est-­‐ce que je saurais être à la hauteur des enjeux de cette forme d’aide face aux «puissances gouvernantes » des souffrances du « sujet », à trouver l’étincelle musicale qui enclenchera et aidera le processus de restauration de cette personne au sein de ce monde ?

PSYCHOLOGIE ET PSYCHANALYSE

Formateurs : Sylvie Braun, Dominique Bertrand, Anne Bauer, Isabelle Pasquier, Omer Yehouessi, Christine Mulard, Chantal Lheureux, Dominique Mazeas, Morgan Mariage, Isabel Caillaud

Mes notions théoriques dans ce domaine étaient plutôt éparses malgré les nombreuses lectures de quelques auteurs principaux que j’avais entreprises pour mieux me comprendre et pour développer un enseignement musical dans la compréhension des élèves que j’avais. J’ai développé une aptitude à rentrer en communication et à travailler avec des enfants et des personnes de tous âges, celle-­‐ci acquise dans mon expérience professionnelle. Mais qu’en est –il de ce savoir être et de ce savoir faire dans le contexte de l’action du Musicothérapeute ? De quel bagage « minimum » je dois me doter pour créer, gérer, conduire et rendre
évolutive cette situation particulière, qui me fait être thérapeute avec une personne qui se présente à moi avec sa demande d’un mieux vivre ?

 

Je conçois ce qui nous a été proposé, pour accéder à cette spécialité de la connaissance humaine, sous 5 formes principales qui m’ont permis de mieux envisager mon positionnement de musicothérapeute, et ainsi de pouvoir envisager un cadre concret ayant une fonction soignante.
1. Les apports théoriques de la psychanalyse Freudienne Jusqu’à aujourd’hui
2. L’inventaire des branches principales et méthodes thérapeutiques modernes inventées au 20ème Siècle
3. La transmission par des formateurs de leurs expériences professionnelles auprès de publics très spécifiques (autiste, personnes du 4ème âge, malades Alzheimer …. )
4. La lecture d’ouvrages conseillés parl es Formateurs psychologues, psychanalystes et les formateurs
musicothérapeutes.
5. Les lectures de mémoire

Cette partie de formation, dont trois semaines effectuées sous forme d’un module « Psychologie et Psychanalyse », a été et reste essentielle et rassurante en ce qui me concerne. Les allées et retours entre ma pratique de terrain d’enseignant-­‐animateur et ce Champ Théorique m’ont permis et m’ont facilité l’imprégnation et la compréhension de ce langage, de ces concepts et de ces « classifications » des comportements humains utilisés actuellement.
…. Expérience de la formation très assise et studieuses, avec intérêt et d’humour !

Nous avons été amené à réfléchir, entre autre, sur les notions fondatrices du « sujet », de la place centrale de sa parole et de l’acte de la parole, du symptôme, de la relation d’aide et du cadre thérapeutique (lieu et relation thérapeute et sujet).

Mme Sylvie Braun c’est chargé entre autre de la présentation des différents courants thérapeutique du XXIème siècle. Mme Morgane Mariage nous a présenté, dans une approche très Universitaire, et dans un dynamisme pétillant, précis, concis, l’historique et les développements de la théorie psychanalytique occidental. Mr Dominique Bertrand nous a conduit dans l’analyse de certains mécanismes et complexes psychiques de base, tout en nous ouvrant à d’autres courants issus de cultures extra européennes, ainsi que l’intervention de Mr Omer Yéhouessi. Les difficiles situations de l’inceste soulevées par Mme Dominique Mazéas ont suscités de nombreuses discutions. Mme Isabelle Caillaud par son approche rigoureuse et très fouillée, a centré nos rencontres sur le cadre thérapeutique et ce qui entre en jeu dans la structuration des groupes et leur « vie psychique » (thème absolument essentiel dans mes activités de groupe d’adolescents en difficultés). Mme Christine Mulard, dans le concret de sa pratique avec les personnes du 4ème âge, nous a ouvert notre réflexion sur des attitudes relationnelles à instaurer pour fonder une relation de soutien et d’aide avec eux. A la recherche d’une démarche de perfectionnement personnel de son propre fonctionnement psychique exprimant des qualités de joie, bienveillance de respect et d’écoute. Mme Chantal Lheureux nous a décrit, raconté, jusqu’à nous mimer l’ambiance de vie qui habite les enfants et les adultes autistes. Une connaissance particulière se doit d’être acquise pour accueillir les modes relationnelles que tissent les personnes développant des troubles autistiques, et accueillir les atmosphères qui se dégagent dans les relations avec eux. Ce travaille d’accompagnement de vie, dont Mme Anne Bauer nous a aussi apporté son témoignage professionnel est passionnant.
Tout ce travail de réflexion et d’analyse sur les comportements psychiques ont nourrit l’ensemble de la formation en traversant le discourt de chaque intervenant. Les approches et les mots étant parfois différents mais l’objectif commun, une synthèse c’est petit à petit constitué en moi, qui m’ouvre à une meilleur compréhension des inter relations dans l’ensemble de mes situations de vie.

Si je peu l’exprimer ainsi, l’attention porté à toutes ces situations de personnes en souffrance quelques soit leur particularité d’existence m’a particulièrement touché et a toujours attiré et maintenu mon attention. Ce sont des fenêtres ouvertes sur des petits bouts de notre monde que nous ont « décrit et raconté » L’équipe de formateurs du CIM.

CONCLUSION

Cette formation a été au delà de ce à quoi je m’attendais.
Dans de nombreux aspects, celle-­‐ci me conforte dans mon choix d’agir avec la Musique dans sa réalité
thérapeutique. Je suis à la fois plus déterminé et plus confiant à tenter l’aventure de musicothérapeute.

Je suis arrivé avec beaucoup d’interrogations et je repars avec beaucoup d’informations, de connaissances dont certaines sont opératives dans le contexte de mes ateliers et cours musicaux actuels. J’ai envie de savoir plus, de continuer de soulever encore plus les voiles de la musique et des Hommes.
Je comprends ce qu’est la Musicothérapie Active et Réceptive.
Je comprends et je perçois la puissance affective et réparatrice de la Musique. Grâce à la formation, j’ai visité les profondeurs de ces mouvements d’émotions qu’elle a suscités en moi et sur mes camarades du groupe 67, lors de nos diverses situations comme « les épreuves de nos programmes personnels ».
J’ai beaucoup appris par le groupe, par chaque personne présente dans la rencontre de sa particularité
exprimée sincèrement dans la confiance réciproque. J’ai vu Chacun (Henri), Chacune (13 collègues femmes)
évoluer dans son cheminement. C’est magique et beau. La joie et la foi et l’espoir sont à la Vie et la Vie était bien présente tous ces jours là. Nous étions dedans ! Chic !

Je m’excuse d’insister : j’ai rencontré des personnes (des sujets …rire) formidables. : Les Formateurs et les
Stagiaires.

Merci le CIM de cette Aventure
(Qui continue avec « Relaxation et Sophrologie »)

  
 
     
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