Centre International de Musicothérapie    
 
 
Compte-rendu de stagiaire sur la formation  
 

 
Isabelle Dépt 47 - Groupe Aix 7

Compte rendu de formation : comment ai-je traversé cette formation de musicothérapie ?

Je relis mes notes prises tout au long de la formation et je ressens à nouveau au creux de l’estomac cette sensation bizarre, mélange de gratitude et d’admiration au souvenir de toutes ces belles expériences professionnelles vécues par nos formateurs et partagées généreusement avec nous…une bonne idée que ce compte rendu qui  permet à notre inconscient de se sevrer doucement d’une telle aventure humaine…

PREMIERS CONTACTS
Déçue d’une mauvaise expérience antérieure, au sein d’un organisme de formation parallèle au CIM, qui recrutait à tout venant et plongeait la quarantaine de personnes venues pour « une sensibilisation » dans une pratique musicothérapeutique directe, en gérant les prises de paroles d’une manière autoritaire voire blessante, je décidais de prendre contact avec le Centre International de Musicothérapie dont je découvris le site sur internet
    Juillet 2009 :
    Je suis accueillie par Sylvie pour l’entretien préalable à mon entrée en formation au CIM. Entretien révélateur pour Sylvie mais aussi pour moi puisque « échaudée » une première fois. Aussi, l’accueil, les propos tenus par Sylvie, le contenu et l’axe fondamental basé sur le respect de l’Être, sur le regard porté à l’autre, m’ont rassurée et tout à fait convenus car ils arrivaient à un moment charnière de mon cheminement personnel. Ajouté à cela, ma curiosité fut attisée par la pluralité des intervenants amenant leurs personnalités, leurs formations et leurs expériences diverses augurant d’une large ouverture et enfin, la musique comme art fédérateur de tous les stagiaires : nous aurions un langage commun et pas n’importe lequel!
   Octobre 2009 : Nous démarrons notre première journée, encadrés par Sylvie qui repose, en groupe, les fondations de cette formation. Nous allons devoir créer l’histoire du groupe, en ayant toujours à l’esprit ces mots : donner et recevoir. Un beau et vaste programme !
   Nous commençons par nous interroger sur notre lien à la musique : je suis arrivée à cette formation avec une idée floue de ce que représentait la musicothérapie mais avec une certitude : la musique et le chant ont accompagné même étayé mon parcours de vie. On peut parler de colonne vertébrale dans le sens d’un axe qui m’a permis de tenir debout devant les aléas de la vie. Je ressentais un désir profond de partager cela avec d’autres : si la musique pouvait m’aider à moi, pourquoi ne pourrait-elle pas aider les autres? Je suis donc arrivée au CIM avec un grand désir d’apprendre comment .  Je voulais aussi vérifier que la musique est un réel moyen thérapeutique auquel chacun peut avoir recours et pas seulement un ressenti personnel.

LE GROUPE
   Les présentations se font et je remarque que nous sommes trois enseignantes en rupture avec le système éducatif et en désir de reconversion professionnelle. Cela  me conforte dans l’idée que l’école telle qu’elle est pensée ne tient pas compte ni du mal être des enseignants dans leur impuissance à gérer certaines situations, et encore plus inquiétant, ni de celui  des enfants qui ont la tête bien occupée par des souffrances qu’elle ne peut apaiser faute de temps (programme oblige !) et de personnel qualifié…Deux autres stagiaires viennent de l’éducation spécialisée, trois du milieu musical  et une du monde de l’entreprise. La richesse de  ces origines diverses et la personnalité de chacun furent certainement bénéfique à la dynamique de notre groupe7! Mais en ce tout début de formation, je dois avouer mes inquiétudes face à ces personnes inconnues. Seul, l’entretien préalable à la formation nous reliait et me rassurait dans le sens où nous avions tous accepté le cadre posé par Sylvie et que théoriquement, si tout le monde jouait le jeu avec authenticité et absence de jugement, une relation de confiance pourrait naître…Ce fut le cas assez rapidement car le fil rouge conducteur soigneusement déroulé par chaque formateur étant le respect de la personne dans ce qu’elle est au moment où nous sommes en sa présence, le ton était donné, cela voulait dire s’accepter chacun avec notre histoire, là où chacun de nous, en étions. Au fur et à mesure des pistes de travail lancées par les formateurs au fil des semaines, j’ai ressenti une évolution des rapports, des attitudes de chacun, une plus grande écoute,  les réservés osant prendre davantage leur place, les fortes personnalités tentant de s’effacer et puis, à l’approche de la fin du groupe, une plus grande vérité, comme un besoin de se dire…

LA FORMATION
   Je m’attendais  dès la 1ère semaine de formation à une remise en question personnelle  car dans mon journal de bord, je notais : Par quelles étapes vais-je devoir passer ?
         1 - une analyse  du chemin parcouru (personnel et professionnel)
         2 - un constat sur : moi, aujourd’hui
         3 - un questionnement face à ce nouveau chemin   
         4 - un apprentissage de théories étayant mon ressenti
   J’ai, dans l’ensemble, vécu la formation comme un cadeau que je m’offrais à ce moment précis de ma vie, dans mon besoin d’aller plus profond dans la relation humaine. J’y ai rencontré de belles personnes en chacun des intervenants. J’ai accueilli la théorie à bras ouverts comme un enrichissement personnel et les exercices pratiques à la fois comme une source d’idées pour notre futur métier mais aussi comme le complément d’un travail thérapeutique personnel mené en individuel et en groupe pendant  plusieurs années. Travail basé comme au CIM sur l’Être humain dans sa globalité et dans son unicité, avec ses forces et ses faiblesses, ses qualités et ses failles. J’ai donc accueilli le travail proposé par chaque intervenant comme une chance de pouvoir faire le point de là où j’en étais tout en me formant à une fonction thérapeutique   Et je me suis aperçue qu’il faut  toujours rester vigilant car  certaines blessures que je croyais « réglées » sont remontées à la surface, j’ai donc eu à  y retravailler . J’ai aussi eu  à approfondir des questions que j’avais survolées, par  fuite certainement, et j’ai commencé aussi à regarder en face ce qu’il m’était difficile d’accepter… . Aussi, je dois dire merci à chaque formateur pour le respect et la confiance qu’ils ont su instaurer dans leur atelier,  j’ai beaucoup apprécié la  tolérance et l’ouverture  avec laquelle ils ont accueillis nos ressentis, nos questionnements, nos doutes, nos blocages.
   J’ai donc ainsi vérifié, que nous devons d’abord être notre premier patient si nous voulons pouvoir aider l’autre et aussi comme nous l’a dit Dominique Bertrand que « rien n’est certitude, rien n’est acquis, tout est en devenir, en mouvement, comme la musique »

   Les impacts de la formation
   J’ai, dès la première semaine, été enthousiaste de l’alternance apport théorique et mise en pratique. Certains éclairages ont dépoussiéré et approfondi mes connaissances acquises lors de ma formation d’institutrice, d’autres ont été les bienvenus car jamais abordés, je pense ici aux diverses pathologies et à la constitution du corps psychique.
  Nous commençons la formation par l’historique de la musicothérapie avec Sylvie et travaillons dans la foulée sur le test de réceptivité inventé par J.Jost. Nous sommes là au cœur  de cette discipline : utiliser la musique pour toucher l’inconscient ! J’ai découvert avec délice le plaisir de se laisser aller à une écriture instinctive : un extrait entendu, un mot. Lâcher le mental ! Privilégier le ressenti, voilà bien encore les leitmotivs de la formation !et comme cela fait du bien d’arrêter de réfléchir et d’accueillir ce qui vient. Beaucoup d’exercices au cours des différentes semaines ont été dirigés dans ce sens et nous ont guidés petit à petit dans l’affinage de ce ressenti. Je regrette cependant que nous n’ayons pas approfondi ce travail de musicothérapie réceptive  car apparemment certaines musiques auraient été répertoriées par J.Jost comme ayant des fonctions symboliques, cela m’aurait intéressé d’y consacrer un peu plus de temps.
   L’intervention de  Dominique Laudet sur le même thème fut bienvenue car je compris que ce test est utilisable suivant un protocole bien défini. Son approche très structurée et ciblée dans le choix des musiques qu’il utilise pour établir un programme sonore personnalisé a ouvert grand mon attention aux moindres détails à prendre en compte :
 1- pour ne pas heurter le patient et donc le faire fuir
 2- pour l’accompagner au plus près de son ressenti  
   Le travail sur l’étude de cas proposée fut très constructif mais trop court ! une deuxième étude eut été la bienvenue, il en est de même pour l’approche de la notion de cellule sonore,  davantage d’écoutes m’auraient permis de mieux cerner celle-ci. Une journée de plus aurait été bénéfique je pense, car cela me laisse une impression d’inachevé.
   Je dois dire que les interventions de  Dominique et de Vincent Bodu, m’ont redonné envie de travailler avec des enfants et de ne pas faire table rase de mon passé d’enseignante mais au contraire d’en faire une force. Je vais enfin pouvoir aider les enfants en difficulté dans le respect de leur rythme et de leur histoire et ne  plus être limitée  au rôle de transmetteur de savoirs !
 
  J’ai beaucoup aimé le travail de Vincent : utiliser toutes sortes de  musiques pour toucher l’inconscient. Je crois que j’ai vécu cette expérience à cœur ! J’ai souvent terminé la semaine de formation dans un état de fatigue assez prononcé et là, curieusement, j’ai ressenti une grande énergie qui circulait en moi. Toutes les musiques écoutées à un niveau sonore élevé pendant 3 jours, m’ont mises dans un état vibratoire intense au point de ne pas avoir sommeil ! Ce n’était pas de l’énervement, je me sentais dans une bonne énergie. J’ai même gardé cette sensation physique quelques jours après car lors d’un massage, la kiné me dit qu’elle en ressentait encore les vibrations dans tout mon corps. Je remercie Vincent pour cette large ouverture sur  tous ces univers musicaux  et surtout, pour son approche symbolique de nos musiques préférées et détestées qui parlent de nous. De par les échanges que nous avons eu dans le groupe avec Vincent, je me suis dit que ces musiques étaient comme un miroir de ce que  chacun de nous étions ou vivions à cette période de notre vie . Cela m’a donné envie de travailler dans ce sens, même si là encore, j’aurais aimé plus de temps pour aller plus en profondeur dans l’analyse de nos morceaux choisis. Vincent m’a communiqué aussi le désir de me cultiver en histoire de la musique, histoire des groupes, des artistes et des morceaux. Je me pose, depuis, la question du lien qu’il peut y avoir entre l’inconscient de l’artiste et celui de l’auditeur  qui reçoit et ressent  des émotions qui se font écho…cela ouvre des pistes de travail très intéressantes . J'ai, depuis, davantage envie d'aller vers des styles que je ne connais pas ou mal  et j'ai une  oreille différente pour les musiques qui me heurtent, un intérêt au moins pour essayer d’ entrer en communication avec ceux qui aiment, je pense aux musiques électro-accoustiques répétitives par exemple mais j’aurais bien aimé quand même, approfondir le «  pourquoi elles me sont désagréables ? »...

   Dans la foulée des émotions fortes vécues au CIM, je voudrais parler du montage sonore qui représente notre histoire. J’ai trouvé cette idée belle et originale. Ce travail fut long et difficile  voire douloureux mais ce fut, au final, un beau cadeau que  Sylvie nous a permis de nous faire,  enfin, je l’ai vécu comme tel . Je suis partie sur une idée de chronologie depuis mes origines jusqu’à aujourd’hui. Ce ne fut pas facile de faire une sélection de 10 minutes pour représenter une vie de 49ans ! J’ai dû trancher dans la multitude de morceaux ayant un sens pour moi, j’ai voulu conserver les morceaux liés à mes origines, les morceaux « soutien »  qui m’ont portée à un moment donné, ceux que j’ai eu envie de chanter, le chant étant d’une grande importance dans l’expression de mes émotions, ceux qui représentaient des moments capitaux de ma vie. J’avais le soucis d’être en vérité avec mon histoire mais l’appréhension de la dévoiler à ce groupe encore tout nouveau. Et puis, le jour des présentations, je lâchais prise et décidais de m’autoriser à « être » tout simplement dans la force que ce travail avait fait monter en moi et dans les paroles bienveillantes de Sylvie en tout début de séance : « on accueille ce qui est ». J’ai eu des retours positifs du groupe qui m’ont fait chaud au cœur…notamment à propos de cette force intérieure dont je pris conscience dès la 2ème semaine et de façon troublante avec Christine Mulard.

   Nous abordons avec elle la question de «  qu’est ce que vieillir ? » Une suite de pertes jusqu’à la perte finale : la mort. Nous parlons donc du deuil, la théorie me gifle et les débats m’insupportent, je ne peux rien dire trop occupée à gérer mes larmes…les qualités de personne et d’intervenante de Christine vont petit à petit m’amener à lâcher prise et à accéder doucement  à son discours.  Les mots sont posés là, simplement, des phrases comme : « le choc est un état épuisant physiologiquement », « la dépression étape salvatrice puisque le chagrin peut et doit s’exprimer », « la société qui recouvre par des anti-dépresseurs le chagrin qu’il faudrait regarder en face ». Toutes ces phrases et bien d’autres encore m’aideront à déculpabiliser de ce chagrin immense qu’est le mien…Les séances de relaxation , le travail sur la conscience corporelle, sur l’ancrage dans le moment présent, sur l’acceptation de se laisser mouvoir par la vie pour ne pas entraver sa dynamique vitale,  m’amèneront à lâcher mon mental  et à ressentir une grande  force  partant du sol pour se diffuser dans mes  jambes, sensation très déstabilisante car méconnue jusqu’à lors mais qui m’a fait prendre conscience du fait qu’elle existe,  et cela m’a fait beaucoup de bien!
  J’ai énormément apprécié les séquences autour de la créativité et de la relation d’aide. La créativité parce que j’ai appris qu’elle est en lien avec le lâcher prise, la nécessité de se reconnaître dans ce que l’on est pour se mettre en contact avec nos propres ressources et qu’il y a empêchement dans le trop penser, l’intellect, et cela me parle bien car voilà une des choses à laquelle je me heurte encore parfois : oser sans peur du jugement, me libérer des chaines de mon éducation ! Et la relation d’aide parce que cela faisait un moment que je souhaitais entendre parler de Carl Rogers. C’est une belle personne qui met des mots bien précis sur un ressenti que j’ai, parfois, intuitivement comme la congruence ou l’empathie.  J’avais le soucis en tant qu’enseignante d’amener les enfants dans des échanges authentiques les uns avec les autres et le soucis de l’être moi-même avec eux, et de ne pas fuir leur chagrin ou leurs questions existentielles que des textes de littérature faisaient monter parfois,  au détriment  du programme, mais qu’importe, la petite fille en moi qui n’avait pas été entendue dans ses chagrins, savait de manière instinctive, l’importance du regard porté à l’autre !  
    Je veux ici sincèrement remercier Christine pour cette approche de la relaxation active que je ne connaissais pas, tous les exercices sur l’ancrage, sur l’attention apportée au corps, notre première maison, le travail sur le regard que je porte à l’autre « tu es bien plus que ce que je vois de toi, tu es bien plus que ce que je crois savoir de toi » .Ils ont non seulement été bons à vivre mais en plus ils ont nourris mon ressenti.

   J’ai aussi beaucoup apprécié même si cela n’a pas toujours été facile, les invitations de D.Bertrand à aller en introspection de nos failles avant de prétendre travailler sur celles d’autrui et ses questions de fond posées en grand ou petits groupes. Elles nous ont permis de nous poser, pour exprimer nos idées et notre vécu chacun à notre tour et de nous plonger dans une réelle recherche de sens grâce aux apports culturels multiples et concis de Dominique.                                        Même si au départ de nos travaux en petits groupes, j’ai été déstabilisée par le fait de ne pas revenir sur les émotions que les exercices ont fait monter. J’ai fait le parallèle avec mon travail thérapeutique de groupe d’autrefois où tout ce qui était abordé en petits groupes devait être retransmis en grand groupe afin que les rancoeurs et les émotions soulevées soient connues et cadrées par le thérapeute. Et puis, en lâchant prise, j’ai d’une part compris le sens de ce travail de  laboratoire comme expériences à vivre pour ressentir (cela me fait quoi à moi, ici et maintenant ?) donc en tirer des pistes de travail personnelles à analyser en dehors de la formation et puis, j’ai aussi pu avoir un regard critique, positif pour moi, sur la thérapie que j’avais vécue et je remercie là, Renate, Dominique et Guy pour les discussions autour du choix du thérapeute. On ne va pas vers n’importe qui par hasard et je me suis rendue compte que j’avais choisi quelqu’un d’extrêmement cadrant et l’étant moi-même de par mon éducation et de ce fait, choisissant  un métier ou le cadre est très important (j’ai hésité avec la police !), je me suis enfermée moi-même  dans « le carré de 9 points », cela a enkysté le devoir de la règle ! d’où un sentiment  d’empêchement à force de me rajouter toute seule des consignes…Merci à Dominique pour cette réflexion autour de ce fameux carré !
    En ayant à l’esprit le postulat de Dominique  « le groupe lieu de la projection archaïque : la famille », ce fut intéressant d’observer  lors des échanges autour des thèmes proposés combien ceux-ci  fluctuèrent : tantôt  riches avec certaines personnes créant ainsi des affinités ou plus tumultueux avec d’autres engendrant des éloignements mettant en évidence la notion de transfert et ce fut d’autant plus intéressant d’observer au fur et à mesure des semaines, les changements d’attitude de chacun dans la qualité de l’écoute et de la présence à l’autre mais aussi dans la manière de se dire ce qui ne va pas, en choisissant les mots justes pour aider l’autre à avancer et non pas le faire se replier.  
   Toutes les questions soulevées et les pistes de réflexion proposées par Dominique m’ont semblées essentielles et passionnantes . Elles ont engendrées chez moi des prises de conscience importantes comme  rester humble par rapport à une interprétation, nous ne sommes là qu’avec nous-mêmes, notre vécu, nos doutes, nos connaissances et notre ressenti, se méfier des diagnostiques posés qui enferment, faire attention aux croyances que chacun développe  sur  soi, prendre conscience de la bagarre entre le moi et le sujet,  travailler sur la représentation que j’ai de moi pour que cela ait des conséquences sur la relation que j’ai avec le monde d’où l’importance de créer, processus vital ! Je n’avais jamais regardé la créativité comme un rebondissement, une adaptation à un changement du réel , cela me fit beaucoup de bien…  J’ai vécu les deux expériences d’écriture autour de musiques comme une illustration « magique » de ce que peut être l’inconscient : une 1ère fois avec Christine ou je vis apparaître sous mes doigts, au fur et à mesure des musiques écoutées, une histoire qui ressemblait à la mienne et une 2ème fois avec Dominique où la consigne était d’écrire sans réfléchir en démarrant avec la musique, et, sachant ce qui m’attendait, je pris soin de raconter une histoire autour du cirque, volontairement éloignée de la mienne et oh ! surprise quand D. nous demanda de changer le sujet « il » en « je », je compris que cet artiste trapéziste s’élançant de toutes ses forces dans les airs avait quelque chose de moi, j’étais en train de dire des choses de ma réalité !
 Et puis encore tant de choses d’une grande richesse : toute la réflexion autour des mythes, autour de l’éthymologie d’un mot pouvant ouvrir de multiples pistes de travail,  chaque notion abordée replacée dans son contexte historique, un régal !
Tout cela en alternance avec un travail corporel, de la kinésiophonie que j’ai découvert avec bonheur, des percussions corporelles  qui n’ont eu pour autre résultat que mon inscription dans un cours collectif de percussions diverses ayant senti le besoin d’aller me décharger d’une colère ou de tensions et appréciant en retour dans tout mon corps les vibrations émises par tous les instruments, faisant monter en moi une bonne énergie !

   Les cours sur la psychanalyse m’ont réconcilié avec cette discipline, ce fut dense et parfois difficile d’accès avec Jacqueline Abssagui  mais j’ai beaucoup aimé découvrir le rapport intime que chacun de nous a avec la musique via le livre de P. Grimbert. J’ai fait le lien plus concret à ma blessure originelle (mon lien à ma mère, le grand Tout) et j’ai pu franchir une marche de plus vers la nécessité de faire ce deuil des origines. Mon lien à la musique s’est éclairci. Le travail proposé (3 dessins faits sur 3 musiques différentes) a été lourd pour moi. J’ai ressenti un grand vide au 3ème dessin que je n’ai pu finir, or ce dessin devait être « au plus près de soi », cela a fait écho au grand vide que je ressens,  cela a été douloureux de rester avec ça…

   Quand à l’intervention de Rénate, ce fut un pur régal ! Elle a su nous transmettre ces notions  complexes de fonctionnement du corps psychique, de mécanismes de défense, de transfert, de manière si simple et si passionnante à la fois, tout en illustrant ses propos en toute humilité d’expériences professionnelles mais aussi personnelles. Cela m’a beaucoup touchée…
Je remarquais bizarrement que les différents intervenants apportaient au fur et à mesure des éclairages aux questionnements sur lesquels j’étais, et l’intervention de Renate correspondait à celui-ci : Qui suis-je, moi ?, Sur quel socle me suis-je construite ? De quoi ai-je besoin aujourd’hui ? Nous étions en phase ! J’ai vraiment senti avec elle toute l’importance de considérer la structure de base sur laquelle chaque être se construit  et aussi la nécessité d’être au courant des mécanismes de défense mis en place comme « soupape » de sécurité psychique. Toutes ses explications ont enrichi et mis en évidence la complexité des choses à prendre en considération pour envisager l’autre.
   Tous les mots mis par Renate sur l’impact d’un deuil « véritable tremblement de terre psychique, poussée d’amour mais en même temps de haine pour trouver la force de continuer à vivre, épuisement physique intense » m’ont parlé très fort et aidé à comprendre et accepter mon état .  Elle a su aborder cette notion de deuil de manière très douce et déculpabilisante.  Oui, je me suis vraiment appuyée et je m’appuie encore sur tout ce que Renate nous a offert en théorie mais aussi dans les exercices pratiques comme se questionner sur nos peurs, ce qui nous met hors de nous, la notion de dominant dominé, revisiter notre socle pour constater si les failles se stabilisent ou s’agrandissent, faire attention au jugement…Et puis, tout le travail autour de l’accueil d’un patient , comment ouvrir la possibilité d’une relation… un grand MERCI !
   Les journées avec Marie France Vinchon et Dominique Rigaud ont été agréables à vivre de par leur côté ludique pour l’une et destressante pour l’autre. Je n’en dirai pas plus car ce sont 2 domaines qui me sont familiers. Je remercie Dominique pour toutes ses recherches et son accompagnement en vue de nos projets professionnels.
   Je finirai avec Guy Trinchero qui a soulevé beaucoup d’inquiétudes au départ de par son côté provocateur mais qui finalement m’a inspiré une grande confiance et m’a guidée sur le chemin de la pleine conscience et de la nécessité de lâcher le mental en accueillant ce qui est là, constater sans interpréter. Je me suis prêtée là aussi à tous les exercices avec bonheur, ressentant beaucoup de bien être physique et mental, une paix intérieure et du coup ayant l’envie de transmettre cela à d’autres. Le maître a convaincu l’élève !

Conclusion :
On ne sort pas indemne de cette formation, on en sort grandit ! Une formation qui creuse pour aller à l’essence même de l’Être donc au cœur de chacun de nous.
Je retiendrais ces liens communs à tous les formateurs :
-Le regard porté à l’autre : «  l’ envisager au lieu de le dévisager »
-L’importance d’incarner son corps, notre 1ère maison : l’habiter, en prendre soin
-L’importance de l’instant présent « on accueille ce qui est »
-Reconnaître ses zones d’ombre et y travailler pour être pleinement présent à l’autre
-Rester humble

Je suis consciente du fait que cette formation ne suffise pas pour être thérapeute. Nous avons surligné les choses les plus importantes, à nous de les étoffer, les enrichir  au travers de lectures et d’expériences diverses. Elle m’a permis de me recentrer pour aller à l’essentiel de la vie, et aussi me reconnaître dans ce que je suis et ce que j’ai à devenir, dans la prise de conscience de ma force que j’ai à entretenir mais aussi de mes failles : ne pas oser, avoir peur de gêner ou de mal faire…Elle a accru mon ressenti et développé la confiance que je dois avoir en lui. Riche de tout cela, je suis en chemin pour essayer humblement à mon tour d’accompagner l’autre vers un mieux être, autrement dit à faire face à la vie et à ses problèmes…

 

 

  
 
     
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