Centre International de Musicothérapie    
 
 
Compte-rendu de stagiaire sur la formation  
 
Bénédicte - Groupe 64

Bilan de la formation

Nous voici arrivés à la fin de la septième semaine de formation, Dominique Bertrand « au nom du pouvoir qui lui a été conféré a déclaré notre groupe dissous ! », nous sommes repartis chacun vers nos horizons différents, en nous disant au-revoir non sans avoir échangé numéros de téléphone et adresses e-mail.
Et, oui qu’il m’est finalement difficile de couper les liens créés, de me dire que c’est probablement la dernière fois que je vois quelques-unes des personnes de ce groupe ; pour les autres je sais que je les retrouverai lors du module « relaxation et sophrologie musicale » !
Pour Emmanuel Kant philosophe : « La musique est la langue des émotions. »

La formation ? Quelle aventure pour moi ! Au mois de mars 2009, me voici après 10h ½ de voyage en provenance de l’île de la Réunion à Nosiy-Le-Grand pour un stage de « sensibilisation aux techniques psychomusicales et à la musicothérapie »
L’aventure aurait dû s’arrêter là pour moi. Mais non, la frustration était trop grande ! Voici des années que je suis intimement convaincue que la musique a des vertus thérapeutiques, qu’elle touche aux profondeurs de l’être, à l’inconscient… je suis infirmière et face à la souffrance, je me suis souvent sentie démunie comme si j’avais un manque. Comment aider celui qui souffre, celui qui est près de la mort ; que faire quand les mots sont inutiles ?
Mon intuition m’a souvent fait trouver les gestes apaisants accompagnés par ma voix chuchotée, à peine chantante.
Je voulais aller plus loin, comprendre jusqu’où la musique pouvait conduire, avoir des éléments de réponse à mes questions.
Cette première semaine ne m’a apporté que des certitudes et une envie d’aller plus loin, de continuer dans ma découverte des techniques psychomusicales et de la musicothérapie.
Je commençais à percevoir ce que peut être la musicothérapie, je prenais conscience que la musique a une résonnance pour celui qui la reçoit et cette petite mise en bouche m’a donné envie d’aller plus loin, de passer au plat principal.

Mais pas facile à mon retour, de partager mon enthousiasme et mes certitudes ! J’ai ainsi découvert qu’autour moi la notion de musicothérapie était totalement méconnue : « Ah bon ça existe ?…après tout la musique ça ne peut pas faire de mal…mais bon de là à vouloir être un thérapeute !… »
La partie n’était pas gagnée d’avance et pourtant je suis repartie pour la deuxième semaine de formation. Au bout du compte, je sais que les sacrifices personnels, (20h d’avion par mois !) financiers et aussi pour mon entourage porteront du fruit !...

Comme probablement beaucoup de stagiaires avant moi, j’ai fait plusieurs recherches sur les centres de formation proposant de la musicothérapie et là j’ai été surprise des propositions diverses et variées ! Entre les études universitaires, longues et cérébrales et le centre de bien-être, à la campagne, où l’on vit en communauté en apprenant à devenir musicothérapeute…comment s’y retrouver ? Quels sont les critères qui me guideront ?
Le choix n’allait pas être facile et je suis allée plusieurs fois sur le site du CIM pour voir ce qui était proposé, mais surtout pour essayer de « ressentir » l’esprit qui l’habitait.

Plusieurs choses m’ont interpellée :
Dans le mot de Sylvie Braun, directrice : « le postulat de cette formation est : l’Etre et non pas l’Avoir… »
…démarche humaine… le stagiaire apprendra avec l’outil musical à donner et à recevoir… »
Et pour continuer, je me suis trouvée en plein accord avec le mot de Dominique Bertrand qui parle d’une « éthique fondée sur l’unicité de la personne humaine ; les patients ne sont pas des diagnostics...être humain radicalement singulier… »
En te lisant Dominique, je peux te dire que ces mots m’ont particulièrement touchée et aidée dans mon choix de faire cette formation au CIM.
Dans le milieu médical, paramédical à l’hôpital, le sujet est bien souvent nié, la personne devient un objet d’étude un cas à soigner ; le patient est même nommé par sa pathologie. Durant mes études d’infirmière, j’ai été un jour interpellée ainsi « Tu iras voir la prothèse de hanche à la 4 ! »
Merci Sylvie car en tant que directrice du CIM, c’est cette notion de respect, de dignité et de prise en charge globale de la personne que tu veux partager et qui est le leitmotiv de tous les intervenants.

Tous les intervenants rencontrés au cours de cette formation avaient en commun ce respect de la personne, de sa dignité, quelle que soit l’étape de sa vie. Tous avaient à cœur de partager leur expérience tant personnelle que professionnelle. Je n’ai jamais ressenti chez eux quelque chose de surfait ou bien qui leur aurait été imposé. J’ai ressenti des paroles vraies, des partages d’expérience profonds allant même jusqu’à l’émotion ; parfois des doutes exprimés, des remises en questions.
Chez tous, j’ai senti le désir de vouloir nous communiquer cet élan que la musique apporte à leurs pratiques professionnelles.
En vrac, voilà les mots, les phrases qui me sont restés et qui ont eu une résonnance particulière en moi.

« Dans la musicothérapie, ce qui est important, c’est la relation », « l’important n’est pas ce que je transmets, mais comment je le transmets » nous a partagé Eugénia Duta avec son énergie ; elle nous a parlé de la communication non verbale, du corps, du toucher, du regard. Elle nous a mis en situation d’observation de l’autre ; non pas « le dévisager mais l’envisager » Etre attentif à l’autre et à la fois garder sa neutralité, savoir être disponible, anticiper l’autre, ressentir l’émotion de l’autre et tout cela en cultivant l’empathie. Vaste programme !

« Le travail du thérapeute, c’est un travail humble »
Dominique Bertrand que nous voyions chaque semaine de formation m’a beaucoup interpellé et permis de me remettre en question. J’ai été touchée par sa grande culture philosophique, mystique, musicale, psychanalytique, ethnologique…je crois que la liste n’est pas exhaustive ! Et pourtant quelle humilité ! Avec lui, j’ai appris que rien n’est certitude, rien n’est acquis, tout est en devenir, en mouvement comme la musique !
« La thérapie n’est pas une science, on ne peut pas garantir un résultat, c’est un art ! » « Pour pouvoir être libre de la souffrance de l’autre, il faut déjà connaître quelle est sa propre souffrance » Et nous voilà invités à trouver notre faille narcissique. !
J’ai à la fois beaucoup aimé, le travail sur mon corps, sur le corps de l’autre, le toucher dans le respect, la voix et les harmoniques ; la résonnance et les vibrations : j’ai découvert que mon corps était un véritable instrument de musique ! et que je dois apprendre à l’écouter en profondeur !... J’ai quelque peu appréhendé le travail proposé à chaque rencontre…travail sur soi-même, l’écoute dans une relation avec un autre du groupe. Dire les choses en vérité, se dévoiler…Parfois les mots sont thérapeutiques ! Pour moi qui suis timide, je me suis rendue compte que

je pouvais partager des choses personnelles sans me laisser submerger par mes émotions ; l’écoute bienveillante de l’autre y était probablement pour quelque chose !
« Toutes les théories générales sont anéanties par le fait que l’on est en face d’une particularité »
Merci Dominique.

« Quelle est l’origine de l’arthrose ? C’est la naissance ! »
Avec Christine Mullard, thérapeute psycho-corporelle, nous rentrons dans le vif du sujet. Elle nous partage son expérience auprès des personnes âgées, des patients atteints de la maladie d’Alzheimer et en fin de vie ; de la relation d’aide et l’accompagnement. : « Il est important de rejoindre l’autre dans son mode de communication » Je me sens particulièrement concernée ; « La musique touche les sens, cela passe par le corps, les affects. » Cela n’est pas inutile d’en prendre conscience !

Sylvie lors de la première rencontre avec le groupe nous pose le cadre, elle nous parle de l’historique du CIM et du test de réceptivité musicale, je le trouve très pertinent et me dis que pour un musicothérapeute débutant, ce test est rassurant et permet de connaître le patient rapidement.
Avec le montage de 10 minutes qui me représente, je me rends compte qu’avec la musique, il n’est pas possible de tricher, qu’elle touche à notre moi profond.
J’ai pris beaucoup de plaisir à faire le montage de relaxation demandé, je me suis sentie à l’aise et bien décidée à continuer dans cette voie !
Les deux montages demandés par Dominique Laudet sur des études de cas ont été pour moi un investissement de beaucoup de temps d’écoute et d’analyse ; je me suis dit qu’il fallait que j’élargisse ma palette de couleurs musicales !
La recherche de cellules sonores dans un morceau ne m’a pas semblé évidente ; je m’oblige dorénavant à le faire lors d’une écoute musicale.
« La musique qu’on écoute, nous ramène à notre histoire personnelle » Avec Vincent Bodu, nous travaillons sur la musique « que j’aime » et la musique « que je déteste » ; moments forts en émotion pour moi !

Avec Jean-Marie Bolangassa, le travail sur le rythme et le corps, les percussions n’ont au premier abord pas été faciles pour moi. Je me sens gauche dans mon corps, ai du mal à bouger et pense ne pas avoir de rythme…durs moments en perspective ! Et pourtant, à la fin de la journée je me sens revigorée, légère, étonnée même de découvrir du rythme en moi, de me sentir vibrer… Je dirais que cette expérience a été très riche physiquement pour moi.
Avec Bernard Alet, j’ai beaucoup appris et ai été impressionnée par son imagination et sa créativité dans ses séances d’éveil musical.
Pour moi qui aime le chant, le travail sur la voix avec Pilar Garcia m’a passionnée, mais j’aurais aimé qu’il y en ait plus ! Son travail auprès des malades d’Alzheimer m’a donné des idées pour l’avenir.
Le partage d’expériences d’Hélène Ducis sur les berceuses, celui très fort d’Anne Bauer avec des enfants autistes, le monde des contes avec Anne Montange, sont autant de pistes, de chemins de découverte à creuser et à approfondir.
L’approche de la sophrologie avec Anaïs de Tinguy-Simon, m’a donné envie d’aller plus loin ; à bientôt pour le module « relaxation et sophrologie musicale »
L’approche de Josette Leclere m’a laissée sur ma faim et ses interprétations ne m’ont pas convaincue.
Pour conclure, je puis dire que j’ai beaucoup appris durant ces sept semaines de formation, j’ai le sentiment d’avoir reçu beaucoup d’informations, de concepts ; je reste encore avec de nombreuses interrogations, des peurs aussi ; peur pour l’avenir : suis-je apte, prête à devenir musicothérapeute ?
Je pars en tout cas avec une certitude : oui j’ai la certitude que la musique est vraiment un outil thérapeutique ; je souhaite devenir musicothérapeute, en sachant qu’il me reste du chemin, que rien n’est acquis, et qu’il me faut être humble.

Un grand merci à chacun des formateurs du CIM.

  
 
     
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